22 juin 1634. Rembrandt, Saskia et les Mennonites

publié le 22 June 2021 à 00h01 par José LONCKE

Rembrandt (1606-1669) a vécu en Hollande au siècle d’or. C’est l’un des plus grands artistes de tous les temps.
En 1631, après avoir acquis une certaine reconnaissance, à Leyde, Rembrandt se voit proposer de multiples commandes de tableaux de corporations et de portraits (son premier portrait de groupe, Leçon d'anatomie du docteur Tulp, étant réalisé en 1632), commandes issues d'Amsterdam qui l'obligent à s'installer dans cette ville.

Rembrandt a eut des relations étroites avec les Mennonites d’Amsterdam (communauté de Waterlander) par l’intermédiaire de l’important marchand d'art qui ui offre alors le gîte, le mennonite, Hendrick van Uylenburgh, qui lui loue un atelier d’artiste dans lequel Rembrandt va travailler de 1631 à 1635. Rembrandt va vivre chez les Uylenburgh. Il y rencontre sa future femme,  Saskia van Uylenburgh, la nièce d’Hendrick.

22 juin 1634. Rembrandt, Saskia et les Mennonites

Portrait de Saskia, femme de Rembandt


Il l’épouse le 22 juin 1634. Et le couple demeure dans la maison encore une année. Il achète en 1639, la maison mitoyenne des Uylenburgh.
Bien introduit sur le marché de l’art, Rembrandt deviendra rapidement le plus éminent des portraitistes hollandais. Les riches marchands d'Amsterdam qui veulent tous être portraiturés par lui appartiennent  en général au même cercle relationnel qu’Hendrick Uylenburgh.

Les Mennonites avaient alors comme pasteur Cornelius Claesz Anslo. Ce pasteur entra dans la vie du peintre au moment où le jeune mennonite Samuel Van Hoogstraten, jeune artiste, à l’esprit fin et très distingué et écrivain d’art de valeur, vint de Dordrecht à Amsterdam, demander à Rembrandt de le prendre comme élève à demeure, ou, plutôt, comme « compagnon. » C’est peu de temps après l’arrivée de Van Hoogstraten, chez Rembrandt, que celui-ci fit les deux portraits du pasteur :
- “Portrait d'Anslo” (1640)
-“Portrait de Cornelius Claesz Anslo et de sa femme Aeltje Gerritsdr” (1641)

Rembrandt semble rendre visible l’invisible : la parole de Dieu. Le pasteur Anslo aux légendaires dons oratoires explique la Parole de Dieu. Pour bien mettre en évidence la source du message d’Anslo, Rembrandt place Anslo avec une Bible ouverte face à lui. La femme d’Anslo regarde le texte alors qu’elle écoute son mari. Rembrandt décrit avec brio la foi Mennonite en l’autorité des Écritures.


Dans les années qui suivirent Rembrandt va plonger petit à petit dans la ruine financière. Il se tournera alors vers les sujets plus bibliques qui lui rapporteront un petit revenu. Ce sont dans ces peintures que certains ont reconnu l’influence de la spiritualité mennonite. Toutefois le rapprochement avec Rembrandt  avait commencé au temps du ministère d’Anslo

Rembrandt était en communion d’esprit avec la foi de Saskia mais sans avoir été jamais membre de la communauté.  C’est  l’évidence, puisque qu’à la mort de celle-ci il va prendre pour maitresse la nourrice de son fils Titus.

En 1645, il la remplace par une autre plus jeune, Hendrickje Stofiels, avec laquelle il ne se  marie pas non plus, sans doute en partie pour des raisons d’héritage : en se mariant il perdait l’héritage qui lui venait de son épouse.

Lorsque Hendrickje fut citée, avec Rembrandt, en 1654, devant le Consistoire de la Oudekerk, pour répondre du scandale causé, dans la Communauté, par sa grossesse, Hendrickje, la servante, ne put se soustraire à son admonition, tandis que Rembrandt put décliner la compétence du Consistoire ; car, dans la deuxième sommation à comparaître, Hendrickje, seule, est appelée. Il faut y voir une preuve complémentaire que Rembrandt avait abandonné l’Eglise nationale.

 “Le retour du fils prodigue” est la dernière œuvre de Rembrandt, complétée après sa mort par un élève. Dans les nombreux autoportraits réalisés au cours de sa vie, Rembrandt n’avait jamais caché la réalité.

Dans les bons jours il se peignait comme un homme venant d’un pays étranger.

Dans les derniers et mauvais jours il se peint comme le fils prodigue qui aspire à la miséricorde. Le fils s’agenouille, les yeux clos. Le père referme ses bras sur lui. Ils sont un. A l’image de l’homme qui retrouve le chemin de son créateur.

Source :
REMBRANDT AND THE WATERLANDER MENNONITES
A paper presented by Kenneth Edmonds to the Study and Research Commission on Baptist Heritage and Identity Baptist World Alliance Gathering, Ede, Netherlands - July 29, 2009


NOTE 2 de Kenneth Edmonds : “Rembrandt had an association with the Waterlander Mennonites who in turn had an association with the English Baptists. Could Rembrandt have come into contact with the English when he lived in Amsterdam?The English Separatists (lead by Smyth and Helwys) gathered together for worship as the first Baptist Church in the world in 1609 at the East India Bakehouse in Bakkerstraat. The Bakehouse was owned by Jan Munter a wealthy ship owner and Mennonite. The English Baptists lived and worked as a faith community in the Bakehouse which faced the Amstel River (Binnen Amstel).Helwys and approximately 10 of the group returned to England in late 1612. Smyth and 31 of the group remained and applied for membership of the Waterlander Mennonites. After long consultations amongst the Waterlander Mennonites they were accepted in 1612 and held services in the Bakehouse until 1639”.

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