22 mars 1841. Daniel Legrand et la première loi sur le travail des enfants

publié le 22 March 2016 à 00h01 par José LONCKE

22 mars 1841. Loi courageuse et décriée, sur le travail des enfants. Cette loi interdisait le travail des enfants au-dessous de l‘âge de huit ans (!) dans les mines et les usines et limitait sa durée à huit heures jusqu‘à douze ans (six jours par semaine).

22 mars 1841. Daniel Legrand et la première loi sur le travail des enfants

C‘est  grâce au protestant  Daniel Legrand que cette première loi sociale fût adoptée en France. Industriel alsacien, touché par le Réveil évangélique du début de ce XIXème siècle, Daniel Legrand s‘était tout d‘abord inquiété du sort de ses propres ouvriers puis il avait cherché à modifier le système industriel par la loi en imposant aux patrons

„des limites à leur insouciance ou à leur cupidité“.

Extraits de « Les bougies de la couronne », Hélène d’Orléans, José Loncke, 2011.

"C’est un patron, monsieur Daniel Le Grand, un fabriquant de rubans… Un homme bon comme du pain et si généreux avec ça ! Il a pour principe de ne jamais refuser une demande de secours. S’il n’a pas de monnaie, il préfère laisser une pièce d’or plutôt que de passer sans répondre au mendiant qui l’accoste. Il a été touché par le réveil évangélique suscité par l’intermédiaire du pasteur Oberlin. Jean Frédéric Oberlin est connu dans toute l’Europe pour son œuvre sociale. À sa suite, Daniel Legrand s’est soucié du sort de ses ouvriers et ouvrières. Il a tout fait pour améliorer leurs conditions de travail…

…. Grâce à lui, le 22 mars de cette année 1841, une loi limitant le travail des enfants, venait d’être adoptée. Une première en France ! Cette loi interdit dans les mines et les usines le travail des enfants au-dessous de l’âge de huit ans (et non à douze ans, comme il l’avait proposé!) et limite sa durée. Cette loi était bien timide ! Son adoption s’est faite grâce à l’abstention de la moitié des députés ! Et son application soulèvera sans doute de grandes difficultés ! Son auteur, quant à lui, pense que seul un règlement international pourra un jour régler la question. Mais cette loi avait le mérite d’exister ! À sa façon, elle rend témoignage à Celui qui était lumière du monde. Car c’est sa foi chrétienne et l’éthique qu’elle entraîne, qui a conduit Daniel à refuser de plier le genou devant l’idole du capitalisme intégral. Pas plus que devant la fatalité, l’inexorable fatalité de la loi du marché…

Daniel Legrand avait fondé avec Henri Oberlin, le fils du pasteur Oberlin, un comité biblique dont le but était de répandre la Bible en France. Le pays souffrait alors cruellement d’un manque de Bible, il fallait faire quelque chose et ils l’avaient fait, bien avant qu’une Société Biblique Protestante ne soit créée à Paris. Ensemble, ils allaient témoigner de leur foi dans les fermes et hameaux du voisinage. Ils réunissaient les familles pour étudier la Bible et pour prier. Il ne fallait pas mépriser les humbles commencements. Dans ce domaine également la première bougie allumée ouvrait la voie à beaucoup d’autres.

Lors du mariage du duc d'Orléans, Daniel Legrand, en chrétien fervent s’était senti ému de sollicitude pour la princesse protestante qui entrait dans une cour aux mœurs et aux croyances si nouvelles pour elle. Il avait décidé de lui faire parvenir régulièrement de bons livres la veille de Noël, comme souvenir de son enfance. Il  avait pris l’habitude  de faire parvenir pour Noël à la princesse Hélène les meilleurs ouvrages religieux publiés en France et en Allemagne. Intriguée par ces envois, la princesse aurait voulu connaître le donateur. Cependant, l’année précédente, le nom et l'adresse s’étaient égarés dans l’un des livres envoyés : 204 quai de Jemmapes. C’est le libraire qui l’avait oublié par mégarde !

La princesse voulut rencontrer Daniel Legrand, et, lorsqu'il vint à Paris, elle l'invita aux Tuileries. Elle apprit à mieux le connaître et ils devinrent grands amis.
La princesse  avait formé le projet de s'arrêter l’été prochain au Ban de la Roche, en retournant de sa cure à Plombières. Elle irait « oberliner à loisir » comme disait son mari pour la taquiner. Mais en attendant, Hélène savait ce qui lui restait encore à faire : ce serait elle qui cette année enverrait un colis".

 

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