22 mars 1981. Edmond Evrard, pasteur baptiste très résistant

Edmond Evrard (1890-1981)

13 mars 1890 : naissance à Isbergues
•1914-1918 :  il fît la guerre,
fût blessé 2 fois. Croix de guerre.
Démobilisé le 2 décembre 1919.
•Pasteur dans le Pas de Calais pendant 5 ans.
•1923-1963 : Pasteur à Nice,  13 rue Vernier
• 22 mars 1981 : décès

 

Image (22 mars 1981. Edmond Evrard, pasteur baptiste très résistant)


Edmond Evrard, Pasteur de 1923 à 1963
Edmond Evrard, nait le 13 mars 1890 à Isbergues (Pas-de-Calais).  Fils de Louis, Joseph Evrard, mineur, et de Thérèse Blistain son épouse,  ressortissants Belges. Il effectue ses études primaires à Isbergues, puis à l’école  professionnelle de Lille de 1910 à 1913. Il est ensuite admis à l’école  de Théologie de l’Église Chrétienne Baptiste de Paris, puis travaille  dans les ateliers de son père avant d’être nommé Pasteur de l’Église  Baptiste d’Auchel et Béthune. Homme de convictions, il n’hésite pas, lors de la déclaration de la  guerre en août 1914, à s’engager à Arras malgré sa nationalité Belge.
Blessé à deux reprises en Champagne, il est affecté comme sursitaire  aux mines de Marle dans le Pas de Calais jusqu’à la fin des hostilités.
Il se marie le 10 février 1917 avec Ida Buez, née le 29 juin 1892 à  Auchel, décédée le 8 décembre 1971. De cette union naissent quatre  fils Joseph Jean, Edmond, Louis et Daniel. Un autre enfant est élevé  dans son foyer dès l’âge de 8 mois à l’adolescence et porte le nom  d’Evrard. De nombreux autres enfants sont régulièrement accueillis

Son rôle dans la résistance
En 1922, nommé Pasteur à l’Église baptiste de Nice 13 rue Vernier,  il reçoit, dès 1930, des enfants Juifs réfugiés d’Allemagne et d’Autriche  fuyant l’antisémitisme de leur pays. En 1940, il prend position en  chaire, contre les mesures anti-juives du gouvernement de Vichy en  exhortant ses paroissiens dans cette voie. Il entre dans la Résistance  dès l’arrivée des Allemands en zone sud et coopère avec de nombreux  Réseaux, notamment  “Combat”, le Réseau Marcel et le Réseau André. Sa femme et ses deux fils, Louis et Daniel participent activement à ces  actions. Il procure des faux papiers aux Juifs persécutés, mobilise des  familles pour les accueillir, leur permet même de fêter Pourim dans le  temple, ses deux fils faisant le guet à l’extérieur.

Au mois d’août 1943, fatigué, atteint d’une cécité temporaire, le  Pasteur Evrard se retire provisoirement au Mazet-Saint-Voy, près du  Chambon-sur-Lignon, où ses deux fils, Louis et Daniel moniteurs  d’une colonie de vacances y hébergent des enfants juifs.
En 1943 et 1944, Le Pasteur Evrard intensifie son action dans la  recherche d’hébergements et la fourniture de faux papiers pour les  juifs français où étrangers persécutés. Son temple est un lieu où chaque  personne en danger peut être secourue. En lien avec les réseaux, ses fils convoient des enfants de Nice au Chambon-sur-Lignon, puis en  Suisse. Il n’hésite pas à se rendre au siège de la Gestapo, plaider la  libération de plusieurs personnes se prévalant de son rôle dans les  groupes de réconciliation entre les nations et notamment en direction  des Allemands.
Toujours soucieux des autres et des enfants en particulier, il assure la  direction d’une colonie de vacances,
 Les Enfants à la Montagne, dans  le Massif du Mercantour à Berthemont dans la vallée de la Vésubie de  1922 à 1932, au Boréon de 1932 à 1939 et de 1947 à 1957.
Le pasteur Evrard décède le 22 mars 1981  à Nice, après une vie entièrement  dévouée aux autres,  structurée par la force intérieure de sa foi.

Edmond et Ida Evrard, Louis et Daniel Evrard, ont été distingués par l'Institut Yad Vashem qui leur a décerné en 1995 le titre de « Juste parmi les nations »1.
Le frère du pasteur Edmond Evrard, Pierre Evrard (Guarbecque 2 février 1902-Dunkerque 18 avril 1983), fut pasteur à Cahors de 1939 à 1942 ; il y protégea aussi des Juifs en leur fournissant des faux papiers. Il est ensuite nommé dans l'Aisne, et s'est alors engagé dans la résistance active (1er février 1943) du secteur Laon-Soisson-Ternier, il fut chef départemental FFI début 1944, sous le pseudonyme « Héron ».

Source :

-« Evrard Ida - Evrard Louis - Evrard Daniel - Evrard Edmond » [archive], sur Yad Vashem France.

-l'excelent site de l'Eglise baptiste de Nice.


Témoignage : "Activités du pasteur Evrard et de sa famille durant la guerre 39-45"(Écrits de Louis Evrard, fils d’Edmond Evrard)

« À  l’automne de 1940, il avait commenté pour ses paroissiens les  mesures anti-juives prises par Vichy. Une personne assez désorientée  avançait l’idée que  “les juifs s’étaient placés sous la Loi et non sous la Grâce”, et mon père avait coupé court à cet argument médiéval en  parlant d’amour ainsi qu’en rappelant les termes de la loi républicaine.
Il sut faire sentir à tous, que les protestants, autrefois persécutés  n’avaient pas à baisser la tête devant des mesures d’exception. “... de ce système des primes, nous avons connu les effets les plus hideux. Certains logeurs, à Nice, demandaient des prix exorbitants  aux juifs à qui ils concédaient une chambre. Souvent ces personnes  ne pouvaient pas sortir et vivaient à volets clos. Elles recevaient des  aliments, mais au prix fort. Petit à petit, elles se défaisaient de leurs  économies et de leurs bijoux. Nous avons connu des cas où les logeurs  dénoncèrent à la Gestapo des locataires à bout de ressources.
Autre occasion de dénoncer: des personnes se réunissent à douze  pour la fête de Pourim. Chacune verse une somme au propriétaire  d’un appartement. Pendant la célébration, il téléphone aux Allemands  pour les vendre.
C’est pourquoi, en 1943, mon père ouvrira discrètement le temple  du 13, rue Vernier, à une petite communauté. Tandis que se déroule la  lecture du Livre d’Esther, il veille aux portes fermées à clef. Les braves  de l’équipe sont là, prêts à se défendre en cas d’alerte”.

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