26 novembre 1731. Naissance de William Cowper

publié le 26 November 2021 à 00h01 par José LONCKE

Le 26 novembre 1731, nait le poète anglais William Cowper (1731-1800). Dépressif et d’un tempérament très mélancolique, il se rapproche du Pasteur John Newton, un négrier converti. Ils deviennent de très de grands amis.

26 novembre 1731. Naissance de William Cowper

Dans un poème, Cowper raconte sa propre conversion :

Par les vagues d’une profonde affliction,
Sauveur bien-aimé tu m’as cherché
Dans les douleurs enflammées de la conviction
Difficiles à soutenir, impossibles à imaginer
Oh ! Douceur du beau son de la grâce !

Pour garder l’esprit de Cowper occupé, Newton lui suggéra de l’aider à composer un recueil de cantiques. Newton était déjà le célèbre auteur de « Amazing Grace ».  Ils  écrivirent ensemble « Olney Hymns », dont 280 cantiques sont de Newton et 68 de Cowper.

Voici un cantique de John Newton, « Come, my soul, thy suit prepare » (1779), imité en français par Adrien Boissier (1810-1872), pasteur à Mazères dans l’Ariège: SAF 329, « Fidèle, ne crains pas, prépare ta requête » (1839) :

Fidèle, ne crains point, prépare ta requête.
Dans le sein de ton Dieu, viens épancher ton cœur.
Il t'a dit de prier : sa grâce est toute prête
A faire succéder la paix à ta douleur.

C'est vers le Roi des rois que ta plainte s'exhale,
Demande-lui beaucoup, pour beaucoup obtenir.
La bonté du Seigneur à son pouvoir égale
Ne se mesure pas à ton faible désir.

Je viens à toi, Seigneur, tout couvert de souillure,
Accablé, chancelant sous le poids du péché.
Ôte-moi ce fardeau ; lave mon âme impure,
Régénère mon cœur, à la terre attaché.

Règne seul en ce cœur, sans rival, sans partage ;
Demeure en lui toujours ; accorde-lui ta paix.
Qu'il ne perde jamais ton vivant témoignage
Et le droit que ta mort lui donne à tes bienfaits.

Sois mon fidèle ami ; sois ma force et ma vie ;
Éclaire mon sentier ; garde-moi de l'erreur ;
Et, quand viendra la mort, qu'à ma vue affaiblie
Se montre encor’ ta face, ô mon Dieu, mon Sauveur !

A côté de ce  christianisme cordial et solide de Newton, Cowper y chante une foi traversant l’angoisse.

Comme dans le célèbre  "Hors des ténèbres brille la lumière" (« Light shining out of darkness ») de Cowper :
(Anthologie bilingue de la poésie anglaise, Gallimard, 2005, p  626-627)

Dieu se meut de mystérieuse façon
Afin d’accomplir Ses prodiges ;
Il enfonce Ses pas dans l’océan
Et chevauche l’orage.

Au fond des mines insondables
D’un art toujours parfait,
Il amasse Ses desseins splendides
Et fait régner Sa volonté.

Vous, timides saints, reprenez cœur ;
Les nuages tant redoutés
Sont gros de miséricorde, et crèveront
En bienfaits sur vos têtes.

Ne le jugez pas avec votre faible sens,
Mais fiez-vous à Sa grâce ;
Derrière une sévère providence,
Il cache une aimable face.

Ses projets mûriront sans tarder
Se déployant à toute heure ;
Le bourgeon a peut-être un goût amer
Mais suave sera la fleur.

L’aveugle incroyance ne peut qu’errer
Et scrute son œuvre en vain ;
Dieu est Son propre interprète
Et Il la rendra claire.

Il parle aussi de la louange :

Un éclat surprend parfois
Le chrétien quand il chante
C’est le Seigneur qui se lève
Et lui apporte son baume.

et de l’espérance de la résurrection :


Alors en un chant plus noble et doux
J’exhalerai ta puissance à sauver
Quand cette pauvre et gauche langue
Se sera tue dans le froid de la tombe.

Il est l’un des initiateurs du mouvement romantique en Angleterre.

Cowper continua à écrire de la poésie. Dans sa meilleure œuvre, « The Task » (La tache),  il continue de louer son créateur :

Mais O toi qui donne pleinement tout bien
Tu es toi-même la couronne de tes biens
Donne tout mais, sans toi, nous restons pauvres
Mais devenons riches avec toi, même sans rien d’autre 

Cowper est particulièrement apprécié par Jane Austen

Plusieurs héroïnes de Jane Austen font allusion à ses poèmes, en particulier Fanny Price, le personnage principal de « Mansfield Park » qui cite,

Vous, nobles allées déchues ! Une fois encore je pleure
Votre destin immérité, une fois encore je me réjouis
Que survive quelque vestige de votre espèce.
Combien aérienne et combien légère l'arche gracieuse,
Imposante cependant comme la voûte bénie
Renvoyant l'écho des hymnes pieuses ! tandis qu'au-dessous
La terre bigarrée semble agitée comme un flot
Balayé par le vent. Si folâtre est la lumière
perçant à travers les branches, elle danse comme elles dansent :
Ombre et lumière s'entremêlant rapidement,
Assombrissant et éclairant, au gré des feuilles
Qui batifolent, à chaque instant, en chaque point.

Une dernière citation de Cowper :


« La connaissance est fière d’avoir tant appris, la sagesse est humble d’en savoir si peu ».


 

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