5 janvier 1691. "Athalie", jouée pour la première fois

publié le 5 January 2020 à 00h01 par José LONCKE

5 janvier 1691, la pièce de Jean Racine, "Athalie", tragédie tirée de l‘Écriture Sainte est jouée pour la première fois, devant le roi Louis XIV, à Saint-Cyr.

En 1787, le reine Marie-Antoinette se rend à la Comédie où se joue Athalie. La tirade de Joad soulève de tels applaudissements que Marie-Antoinette doit quitter sa loge.

-Cette tirade, la voici :  

Confonds dans ses desseins cette reine cruelle
Daigne, daigne, mon Dieu, sur Nathan et sur elle
Répandre cet esprit d'impudence et d'erreur
De la chute des rois funeste avant-coureur... 

Voici deux autres passages qui rappellent aux monarques qu'ils ont des devoirs envers leurs sujets : : 

-Athalie : la tentation (Actes 2)
Athalie a fait périr, pour régner sur les israélites, la famille des rois légitimes. Un enfant, Joas, a seul été sauvé du massacre. Il est élevé dans le temple sous le nom d’Éliacin, et lui-même ignore son origine. La reine criminelle, troublée par un songe et pressentant pour elle quelque malheur, a voulu voir cet enfant. Elle est venue dans le temple et se l’est fait montrer.

5 janvier 1691. "Athalie", jouée pour la première fois

- Comment vous nommez vous ?
- J'ai nom Éliacin.
-Votre père ?
-Je suis, dit-on, un orphelin, entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance et qui de mes parents n'eus jamais connaissance.
-Vous êtes sans parents ?
-Ils m'ont abandonné.
-Comment ? Et depuis quand ?
-Depuis que je suis né.
-Ne sait on pas au moins quel pays est le vôtre ?
-Ce temple est mon pays ; je n'en connais point d'autre.
-Où dit-on que le sort vous a fait rencontrer ?
-Parmi des loups cruels prêts à me dévorer.
-Qui vous mit dans ce temple ?
-Une femme inconnue, qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue.
-Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ?
-Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? Aux petits des oiseaux il donne leur pâture, et sa bonté s'étend sur toute la nature. Tous les jours je l'invoque, et d'un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel…
-Quel est tous les jours votre emploi ?
-J'adore le Seigneur ; on m'explique sa loi ; dans son livre divin on m'apprend à la lire, et déjà de ma main je commence à l'écrire.
-Que vous dit cette loi ?
-Que Dieu veut être aimé,
-Qu'il venge tôt ou tard son saint nom blasphémé, qu'il est le défenseur de l'orphelin timide, qu'il résiste au superbe et punit l'homicide.
-J'entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu, A quoi s'occupe-t-il ?
-Il loue, il bénit Dieu.
-Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple ?
-Tout profane exercice est banni de son temple.
- Quels sont donc vos plaisirs ?
-Quelquefois à l'autel Je présente au grand-prêtre ou l'encens ou le sel, j’entends chanter de Dieu les grandeurs infinies. Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.
-Hé quoi ? Vous n'avez point de passe-temps plus doux ?  Je plains le triste sort d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire.
-Moi ? Des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire ?
-Non, je ne vous veux pas contraindre à l'oublier.
-Vous ne le priez point.
-Vous le pourrez prier.
-Je verrais cependant en invoquer un autre ?
-J'ai mon Dieu que je sers, vous servirez le vôtre ; ce sont deux puissants dieux.
-Il faut craindre le mien : lui seul est Dieu, Madame, et le vôtre n'est rien.
-Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.
-Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.


-Athalie : Le songe d’Athalie (acte II, scène 5)

C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit.
Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée,
Comme au jour de sa mort pompeusement parée.
Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté ;
Même elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
« Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi.
Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi.
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,
Ma fille. » En achevant ces mots épouvantables,
Son ombre vers mon lit a paru se baisser ;
Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser.
Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange
D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,
Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.

(...)
Par cette fin terrible, et due à ses forfaits,
Apprenez, roi des juifs, et n‘oubliez jamais
Que les rois dans le ciel ont un juge sévère,
L‘innocence un vengeur, et l‘orphelin un père.

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