7 mai 1867. Compiègne : Eglise anglicane , Temple baptiste et Tables de la Loi

publié le 20 February 2021 à 00h01 par José LONCKE

« Dans mes voyages à Compiègne, j’avais remarqué avec peine, qu’un assez grand nombre d’anglais, habitant cette ville et ses environs n’avaient pas d’église de notre culte et se trouvaient ainsi privés de toute direction religieuse et morale. Désireuse de venir en aide à mes compatriotes, désireuse surtout de contribuer à les maintenir dans la voie du bien, je me suis décidée à faire construire à mes frais, sur le Boulevard des Avenues à Compiègne, une Église pour la célébration du culte divin selon le rite de l’Église unie d’Angleterre et d’Irlande. Cette église anglicane que j’ai placée sous le patronage de Saint-André dont elle portera le nom, est aujourd’hui terminée, mais pour qu’elle puisse être régulièrement ouverte aux fidèles, l’autorisation du gouvernement français m’est nécessaire. Je viens donc prier votre excellence d’avoir la bonté de m’accorder cette autorisation ».

C’est par cette lettre du 11 mars 1868 que Maria Jane Bowes Lyon, issue d’une illustre famille écossaise (feue la « Reine mère » était une Bowes-Lyon), veuve de Russell Barrington (1801-1835), demande au ministre des Cultes l’autorisation d’ouvrir l’église Saint-André, dont les travaux viennent de s’achever.


L’église anglicane Saint-André est donc l’un des témoignages de l’attraction exercée à l’échelle de l’Europe par le prestige retrouvé de Compiègne sous le Second Empire. Les séjours de la Cour y ont en effet attiré une élite sociale française, mais aussi britannique. C’est ainsi que Maria Jane Bowes Lyon, anglaise de Paris et compiégnoise d’occasion lors des séjours de la Cour de Napoléon III, fit bénéficier de ses largesses une colonie britannique attirée dans le Compiégnois par l’industrie du cheval.

Les plans furent dessinés par l’architecte Thorton Schiels d’Edimbourg, et la construction confiée à Louis Calla, architecte parisien. Le style du bâtiment est un « pastiche néo-gothique anglais ».

Le mardi 7 mai 1867 eut lieu la pose de la première pierre par Mademoiselle Vanier, fille adoptive de Mme Bowes-Lyon. La légende dit que Maria Bowes-Lyon, « ayant perdu une fillette, vit à Compiègne une enfant qui ressemblait étrangement à la chère disparue. Elle l’adopta et, pour remercier le ciel, décida de fonder une église ».

Pendant le première guerre mondiale, Saint-André n’est pas désertée, et le maréchal Foch note en 1926 que

« C’est dans cette chapelle que se réunissaient pour les exercices du culte, les nombreux officiers britanniques qui étaient à Compiègne au moment où s’y trouvait le Grand Quartier Général » (en 1917 et 1918).


Après avoir traversé la guerre sans dommages, l’église Saint-André est bombardée pendant l’été 1918. C’est le 9 octobre 1927 que l’église anglicane reconstruite est de nouveau consacrée.

En 1954, l’Eglise baptiste de Saint-Sauveur y tiendra des célébrations hebdomadaires. A partir de 1977, elle entreprend des travaux de restauration pour préserver l’édifice qui se dégrade. La toiture et l’électricité sont entièrement refaites, un chauffage central moderne est installé, la cloche et son carillon sont restaurés. L’église baptiste se portera finalement acquéreur de l’édifice en 1989. Le temple restauré avec le soutien de la Fondation du Patrimoine est à nouveau inauguré le dimanche 6 avril 2014.

7 mai 1867. Compiègne : Eglise anglicane , Temple baptiste et Tables de la Loi

On peut y noter ses baies en ogive,  ses ornements sculptés, et quelques traces de son origine anglo-saxonne (armoiries de la couronne, rose (pour l'Angleterre), chardon (pour l'Ecosse), jonquille (pour le Pays de Galles), trèfle (pour l'Irlande).

On remarque également les symboles chrétiens :
-Les Épis de blé,  symbole du Christ « Pain vivant venu du ciel » (Jean 6).
-Les raisins, symbole du Christ, « Cep de la vigne » (Jean 15)
-Le vitrail du Christ bon berger ( Jean 10),
-La charpente apparente en coque de bateau renversé, symbole de l’Eglise conduite par le Christ vers sa véritable destinée. Le Christ en est le pilote qui tient la barre et qui est au dessus d’elle. Le bateau est également le symbole de l’enseignement du Christ : Jésus est monté dans une barque pour enseigner :

"Comme la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, et qu'il se tenait près du lac de Gennésareth, il vit au bord du lac deux bateaux d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l'un de ces bateaux... Puis il s'assit, et du bateau il instruisait les foules." (Luc 5.1-3)

-Et enfin, les deux tables du décalogue (Dix commandements).
Des tables de la loi figurent systématiquement dans les églises anglicanes et les temples réformés jusqu'au 19ème siècle.
Sur ces tables de la loi sont inscrits les dix commandements, ou décalogue, reçus de Dieu au mont Sinaï après la sortie d'Égypte (Exode, chapitre 20. l-17 et Deutéronome 5.1 et 6-22).
Les tables de la loi sont souvent accompagnées d'autres panneaux avec la prière du Notre Père et le symbole des apôtres (credo), autrefois appelé Articles de la foi chrétienne. Les temples servent en effet pour le culte et pour le catéchisme.
La loi n’est pas considérée comme  un moyen d'acquisition du salut. La Réforme a fortement proclamé l'inutilité des œuvres pour être sauvé, et la gratuité de l'amour divin ! En effet, l'homme n'est sauvé que par l'amour gratuit et infini de Dieu ("la grâce") manifesté par le salut apporté par Jésus-Christ reçu avec foi.
Mais selon la Bible et les réformateurs, si la Loi doit être comprise d'abord comme une pédagogie qui nous révèle l'état de notre péché, ainsi que le mode d'emploi de la liberté offerte par le Dieu libérateur, que seul l'Esprit de Dieu nous donne la force de le vivre.

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