8 mai 1795. Louis Gauthey à Courbevoie

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8 mai 1795. Naissance de Louis Gauthey -1795-1864)
L'école normale de Courbevoie a été fondée par monsieur Louis Gauthey. Elle sera active de 1846 à 1888.

Louis Frédéric Gauthey (8.5.1795 à Grandson, 10.11.1864 à Courbevoie), est le fils de Charles Gauthey, officier au service de l'Angleterre, et l'époux de Marianne, fille de Louis (Abraham Timothée) Marindin (1769-1916), professeur de littérature à l'académie de Lausanne.
Élève à l'académie de Lausanne dès 1808, études de théologie. Consécration en 1818. Pasteur suffragant à Moudon, puis précepteur en Angleterre dès 1819. Suffragant à Yverdon (1823-1826), Gauthey fut en contact avec le grand pédagogue suisse Pestalozzi. Pasteur à Bullet (1826-1828), à Lignerolle (1828-1845), il dirigea simultanément les écoles normales de Lausanne (1834-1845).
On insista beaucoup pour lui faire accepter la direction de l'école  normale protestante de Courbevoie. Après quelques hésitations, il se décida et consentit, sur l'avis de Victor Cousin, alors ministre de l’instruction publique, à subir à Besançon le modeste examen d'instituteur primaire, à l’âge de 51 ans.

Pasteur L.F.F. Gauthey (1795-1864). Éducateur européen et protestant « réveillé »
Points repères en bref : trois volets, deux carrières dans trois pays
1. Enfance et formation dans le Canton de Vaud
• 1795 né à Grandson, au sein d’une famille bourgeoise protestante.
• 1814 à 1818, Formation théologique en Suisse.
• 1819-1821, précepteur en Angleterre, où est né son père et mort son grand-père.
• vers 1820, Gauthey adopte les idées des réveils qui arrivent en Suisse Romande, nourries
par la prédication de Charles Cook dès juillet 1820.

2. Carrière pastorale en Suisse (Canton Vaud, district du Jura-Nord vaudois)
• 1823, Gauthey se marie à 28 ans.
• 1823 à 1826, suffragant à Yverdon et proche de Pestalozzi (1746-1827).
• 1826 à 1828, pasteur à Bullet.
• 1828 à 1845, pasteur à Lignerolle.

3. Carrière de Directeur d’École Normale (Lausanne et Courbevoie)
• 1833, rédige son mémoire : Des changements à apporter au système de l'instruction primaire dans le Canton de Vaud.
• 1834-1845, Directeur de l’École Normale du Canton de Vaud à Lausanne.
• 1845, quitte la Suisse en répondant à l’appel de la SEIPPF (Société pour l'encouragement de l'instruction primaire parmi les protestants de France).
• 1846 à 1864, Directeur de l’École normale Protestante de Courbevoie (SEIPPF), dont il
démissionne peu avant de décéder. Il meurt avant d’avoir pu faire paraître le troisième volume de son ouvrage présentant sa théorie pédagogique : De l’éducation ou principes de pédagogie chrétienne.
• 1856, Président du comité des études du cours gradué pour jeune fille protestante...
• mais encore : membre du conseil d’administration de la société pour l’instruction élémentaire, correspondant de la société vaudoise d’utilité publique, délégué de l’instruction primaire et Président de la conférence des instructeurs protestants du département de la Seine.
Anne Ruolt, Histoire des Ecoles du Dimanche, Le Bon Combat, Mai-Juin 2009, pp 13-19.


Il arriva en juillet 1846. Le nombre des élèves était de neuf à l’ouverture un mois plus tard. À partir de ce moment, l'école normale de Courbevoie fut, de la part de son directeur, l'objet des soins les plus attentionnés. Il dirigea l’établissement en bon père de famille. La discipline était stricte, mais son application relevait d’un consensus collectif. Les élèves nommaient, par élection, ceux qui faisaient ensuite régner l’ordre. L’emploi du temps laissait du temps libre pour des loisirs. On accordait beaucoup d’importance à la pratique de l’enseignement. Deux fois par semaine, les élèves de l’école allaient donner des leçons dans les écoles protestantes de la proche banlieue de Paris.

L’histoire et la géographie, avec une abondante cartographie, mais également l’arithmétique avec l’arpentage, étaient mises à l’honneur. L’éducation physique et les travaux manuels n’étaient pas oubliés. Les élèves participaient à des travaux d’aménagement des bâtiments et plus tard à la culture de vastes jardins. Que d’économies réalisées ! Justement, on voulait habituer le futur instituteur à une vie laborieuse dans un milieu rural.
L'histoire, les langues étrangères, les mathématiques, la gymnastique et les travaux manuels qui furent successivement introduits, précédaient en général de nombreuses années leur introduction dans les circulaires ministérielles.

L’école eut deux professeurs célèbres :
- Paul Passy, le fondateur de la phonétique internationale
- Henry Warnery, le grand poète suisse.

Ainsi qu’un élève de l’école qui le sera tout autant :
- Lecoat, le traducteur de la Bible en breton, le défenseur des cultures régionales face à l’état tentaculaire.

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