7 mars 1859. François Vincent et les mineurs du Nord

publié le 7 March 2018 à 00h01 par José LONCKE

François Norbert Coquin-Vincent (1833-1906) épouse le 7 mars 1859 Avéline Honorine Cadot (1835-), sœur du pasteur Aimé Cadot (1832-1915).

Peut-être les quelques pages suivantes écrites par le pasteur Aimé Cadot, qui a fait œuvre d’historien avec la publication de ses "Notes et Récits", donneront-elles une idée de la personnalité et des convictions, de François Vincent. Et peut-être l'envie d’en lire davantage...

« FRANCOIS VINCENT (1833-1906). Resté seul à Denain, et consacré pasteur, M. Vincent se livra corps et âme au développement de son œuvre ; s’appliquant, sans trêve ni repos, à répandre autour de lui la bonne parole de l’Evangile, en vue de la conversion des âmes et de l’obéissance à son Sauveur.
La Compagnie des mines voyant que ce pasteur travaillait à la moralisation du peuple et contribuait un bien-être des familles ouvrières, lui offrit un terrain sur lequel il pût ériger le lieu de culte qu’il avait en vue.
Mais d’autres pasteurs, - ceux qui le suivaient dans les localités où il portait ses pas et comptaient ses prosélytes, comme s’ils eussent été les leurs, - (afin d’arriver à un chiffre de protestants qui pût servir de base à la fondation d’un poste et d’une chapelle à bâtir) demandèrent que le terrain offert leur fut donné, ce qui eut lieu. Ils ne purent en faire aucun usage car il n’y avait à Denain que des Baptistes, sauf une famille. En outre, notre frère Vincent acheta vite un terrain pour élever le temple qu’il projetait et se mit à l’œuvre. Il pria Dieu de lui faire trouver des fonds, chercha, s’adressa partout à chacun et, après mille efforts, avec le concours des membres de son Eglise qui, si nous ne nous trempons, firent les terrassements, charrièrent les briques ou aidèrent aux maçons, ils élevèrent avec leur pasteur, un temple assez grand, le meublèrent, y firent un baptistère, y joignirent deux chambres pour les cérémonies de baptêmes, et plus tard y ajoutèrent une belle salle, destinée aux Unions chrétiennes de la Jeunesse et aux réunions de chant.

En même temps, M. Vincent sut mettre en œuvre des jeunes gens de son troupeau. Il les envoyait deux à deux, porter l’Evangile dans les villages d’alentour, y répandre des traités, y tenir de petites réunions.
Lui-même, élevé à la dure, rompu à la fatigue, mais jouissant alors d’une bonne santé, partait souvent en mission pour plusieurs jours. C’était dans le but d’aller visiter des membres éloignés du bercail qui, comme mineurs, avaient quitté les fosses à charbon du voisinage de Denain, et s’en étaient allés avec leurs familles dans d’autres localités du Nord, du Pas-de-Calais ou en Belgique. Il ne voulait pas cesser ses relations avec eux, et même tâchait de fonder des groupes nouveaux de serviteurs de Christ, en allant prêcher, dans les maisons, aux voisins, qui voulaient bien s’y grouper.
Muni d’un petit sac dans lequel il avait mis, pour ses déjeuners de toute la semaine, des oignons crus qui l’aidaient à manger son morceau de pain sec, il s’en allait défricher des champs nouveaux, qui plus tard, devaient porter des fruits. Il couchait ordinairement chez les mineurs, et dormait mieux qu’un roi dans des lits qui n’avaient rien du tout de royal ; il buvait avec ses hôtes une tasse de chicorée, mangeait de leur pain, et, à son tour, il les recevait à sa table et les soignait de son mieux, quand ils venaient au culte de Denain.

Le passage du pasteur, annoncé à l’avance, si possible, attirait des amis de ses prosélytes. Après le souper, on chantait un cantique, M. Vincent parlait à l’Assemblée. On riait aussi, et, le service fini, si quelqu’un avait des difficultés de foi à résoudre, on posait des questions.
Parfois ces réunions duraient, croyons-nous, jusqu’à une heure avancée, et quelques-uns des auditeurs s’en allaient avec la pensée qu’ils devaient s’assurer de la vérité, d’autres avec le désir de changer de vie, de se donner à leur Sauveur. Le lendemain, après avoir rendu des visites, s’il n’avait pu le faire la veille, M. Vincent partait pur une autre localité. C’est ainsi que furent fondées les Eglises de Lens, de Croix, de Bruay, de Béthune, d’Auchel, de Lourches, de Péruwelz où nous avons maintenant des chapelles pour le culte, ou des salles comme à Anzin, à Préseau et à Denain ».

 7 mars 1859. François Vincent et les mineurs du Nord

Denain, la gare des mines.

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