8 février 1860. Spurgeon prêche à l’Oratoire du Louvre

Susannah Thompson est  l'une des paroissiennes de Charles Spurgeon. Elle raconte qu’en 1852, lorsqu’elle voit Spurgeon pour la première fois, elle le trouve plus déconcertant que remarquable : c’est un provincial original qui n’a rien du « look » ecclésiastique classique !
Le 2 août 1854, Charles et Susannah se déclarent leur amour. Pendant leurs fiançailles, Spurgeon  prêche déjà 12 à 13 fois par semaine ! Ils vont se marier le 8 janvier 1856.

Le jour du mariage, il faut le déploiement d’un détachement de police dans l’Église, pour contenir la foule restée au dehors. Les jeunes mariés passent ensuite dix jours à Paris en voyage de noce. Ils occupent, à l’Hôtel Meurice (228 rue de Rivoli), qui s’impose depuis 1835 comme étant le joyau des palaces français, une suite privée mise à leur disposition « en tant que faveur spéciale ».

Suzanne connaît déjà la France dont elle parle avec aisance la langue.  Pendant qu’elle apprenait le français elle avait été accueilli dans le foyer du pasteur Jean-Joël Audebez (1790-1881), secrétaire général de la Société Évangélique de France. Elle fait visiter à son mari les musées, les palais, les églises de la capitale française. Charles qualifie la sainte chapelle de « Petit paradis des vitraux ».
Lors de leur visite de la cathédrale Notre-Dame, Susannah est très fière de raconter le mariage religieux de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo auquel elle a assisté le 30 janvier 1853. Pour l'occasion, la façade de la cathédrale avait été décorée par l'architecte Viollet-le-Duc.
Des années plus tard lors d'une des fréquentes visites de Charles Spurgeon dans la capitale française, il écrira à sa femme :

« Mon cœur vole vers toi lorsque je me souviens de mon premier séjour dans cette ville, guidé par toi. Je t'aime maintenant comme alors, seulement l’amour s’est multiplié plusieurs fois ».

Susannah est une vraie francophile. Elle va transmettre son amour de la France à son mari. Ce qui ne sera pas sans effet sur  l’investissement personnel de Spurgeon dans l’œuvre de Dieu en France.
En  février 1860, Spurgeon est de retour à Paris. Voilà ce qu’on peut lire dans le « Journal des débats politiques et littéraires » :

« Nous rappelons à nos lecteurs le jour et  l'heure des prédications de M. Spurgeon, qui  passera quelques jours seulement à Paris. M. Spurgeon prêchera à la chapelle américaine  de la rue de Berry le mardi 7 février  à huit  heures du soir, le mercredi (8 février) et le jeudi, à deux  heures de l'après-midi ; à  l'église de l'Oratoire (du Louvre),  M.  Spurgeon prêchera le mercredi 8 février et le jeudi 9 février, à huit heures du soir. Ces diverses prédications  auront lieu en anglais ».

L'église réformée de l'Oratoire du Louvre est en quelque sorte le "temple-cathédrale" du protestantisme français. Les assemblées générales de toutes les grandes œuvres potestantes dont le siège est à Paris, s'y tiennent chaque année.

Image (8 février 1860. Spurgeon prêche à l’Oratoire du Louvre)

En accueillant Spurgeon, le pasteur Grandpierre lui dit : « Je prie avec ferveur que par votre prédication le Saint Esprit amène à la conversion beaucoup d’âmes et consolide la foi de ceux qui sont régénérés ». Il sera exaucé !

A l’Oratoire du Louvre, Spurgeon recueille 40 Livres pour les pauvres de la capitale française.

Il prêche à trois reprises à la Chapelle américaine Saint-Honoré. Cette chapelle construite en 1849 au 21 Rue de Berry, avait pour pasteur John McClintock (1860-1864), un partisan zélé de l’abolition de l’esclavage, qui contribuera par ses sermons et le « recrutement » d’Agénor de Gasparin (auteur d’un livre qui éclaira l’opinion sur les enjeux de la guerre se sécession américaine), à empêcher que Napoléon III et le premier ministre anglais Gladstone ne fassent pencher la balance en faveur de la Confédération sudiste.
D’ailleurs, Thomas Evans (1823-1897), le dentiste de Napoléon III, fréquentait la paroisse.

La vente des sermons  de Spurgeon en Amérique s’élevait à des millions d’exemplaires. A cause de la véhémence de ces sermons contre l’esclavage, on avait voulu les éditer en les censurant. Ce qui fut refusé avec la dernière énergie par l’auteur. Ils furent brûlés et par la suite la vente des sermons s’effondra. Spurgeon appelait l'esclavage

"la plus immonde des taches " qui "ne peut être lavée que dans le sang ... le plus grand des crimes, un péché qui détruit l'âme, et une iniquité qui crie vengeance".

En 1861, Spurgeon visite l’Eglise baptiste de la rue Saint-Roch. Il note avec intérêt la présence d’une « forte majorité ouvrière ».
Fin 1866, début 1867, Spurgeon passe Noël à Paris... il a à cœur de trouver un nouveau local plus en vue pour l’église baptiste, dont les locaux mal situés et nauséabonds l’attriste profondément. 

En 1872, Spurgeon est à Paris pour l’ouverture de la chapelle de la rue de Lille.

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