9 avril 1919. Gabriel Mützenberg

publié le 9 April 2020 à 00h01 par José LONCKE

9 avril 1919. Gabriel Mützenberg

9 avril 1919. Gabriel Mützenberg
Gabriel Mützenberg (1919-2002), écrivain, historien et journaliste, est né à Genève le 9 avril 1919. Il a découvert la Bible très jeune grâce à la "Ligue de la jeunesse pour la Lecture de la Bible", qui changea radicalement sa vie. Après une formation d’instituteur, il est enseignant dès 1942. Gravement atteint dans sa santé en 1945, il interrompt son travail et est envoyé aux Grisons. De retour à Genève en 1955, il enseigne et parallèlement reprend des études en histoire à l’Université. Il y obtient un doctorat en Sciences économiques et sociales en 1973 pour sa thèse intitulée « Education et instruction à Genève autour de 1830 ».
Gabriel Mützenberg est l’auteur d’un grand nombre d’études historiques et d’essais, particulièrement sur le protestantisme (l'Obcession Calviniste, A l'écoute du Réveil...) et la religion ou consacrées à des personnages historiques (Calvin, Dunant, Henri IV).
Il fut pendant vingt-et-un ans le rédacteur passionné de la revue « Certitudes » et présida pendant quinze ans la Société évangélique.

Son recueil de poème « Que dit Minuit profond », publié en  2000 aux Editions Samizdat, permet de découvrir, cinquante ans de poésie (1947-1997), reflet de toute une vie. 


Aramayo Bor Columbus
Voilà les noms très familiers
Qui sont pour moi simple papier
Quand là des hommes peinent suent

J'ai mes titres calligraphiés
Parfois les acheteurs se ruent
Je ne connais pas les chantiers
Où mon argent prospère et tue

Je suis le porteur anonyme
Qui vit des cours changeant des bourses
J'apprends la dangereuse escrime

Qui happe l'homme dans sa course
Aussi loin que ses pas le portent
Et vers sa tombe je l'escorte

---
Comme on te vit un jour dans cet abaissement
Souffrir mille trépas de la crèche au calvaire,
Nous te verrons, Seigneur, paraitre sur la terre
Et prendre en majesté notre gouvernement.

Nous te verrons, Seigneur, libre de ces tourments
Que nos cœurs dévoyés par nos mains t’infligèrent,
Entrer dans la splendeur que ta gloire première
N’aurait su pressentir dans ses ravissements.

Tu reviendras, Seigneur, en Maître, en Juge, en Roi,
Courbé sous la victoire et non plus sous la croix,
Avec plus de grandeur que le plus grand des princes,

Car tout sera plus beau qu’au Paradis perdu.
... Dans le vent d’avenir la girouette grince,
Annonçant ton retour de ses bras étendus.

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Dans la nuit sombre de l’histoire,
Le pas du Seigneur retentit ;
Il vient du ciel vibrant de gloire
Dans le monde qu’il a bâti.
De ses palais, de ses royaumes,
Seul, sans regret, il est parti ;
Il est né dans un lit de chaume :
Les prophètes n’ont pas menti.

Seigneur puissant et magnifique
De tout pouvoir par Dieu nanti,
Il eût pu régner, tyrannique...
Mais il est faible, humble, petit.
Lui l’éternel, prince des sages,
Il fait figure d’apprenti ;
Il n’est pas roi de son village :
Les prophètes n’ont pas menti.

C’est un enfant, un pauvre, un homme
Dans la douleur par nous serti ;
De nos tourments il fait la somme
Dès le berceau d’où il sortit ;
De son abaissement extrême,
Jamais il ne s’est repenti ;
Tout montre en lui comme il nous aime :
Les prophètes n’ont pas menti.

ENVOI
Prince étranger et légitime,
Dis-nous combien tu as pâti
De la crèche à la croix sublime :
Les prophètes n’ont pas menti.



Commentaires

madeleine

09 April 2015, à 20:51

vive Llb !! =)

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