Le silence pour mieux écouter

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Le silence pour mieux écouter

Beaucoup de spiritualités, chrétiennes ou non, mettent aujourd’hui l’accent sur le silence qui devient un accès à la profondeur et à la transcendance...

Pour être réceptif

Une parole – c’est vrai de la Parole de Dieu comme de toute parole humaine – ne peut être véritablement reçue que dans le silence. C’est lui qui donne son poids, sa densité, sa valeur, à la parole reçue ou même prononcée. C’est ce qui la différencie du bavardage ou du bruit de fond. Or, nous vivons au sein d’un brouhaha permanent extérieur ou intérieur. Il est donc nécessaire d’apaiser autant que possible ce bruissement permanent pour devenir réceptifs, disponibles à la parole entendue, qu’elle frappe nos oreilles ou qu’elle frappe délicatement et souvent silencieusement à la porte du cœur.

Pour être présent

L’autre raison de silence, c’est qu’elle nous permet de nous tenir effectivement « devant Dieu ». Nous savons bien que toute notre vie doit être « devant Dieu »... Mais nous savons bien aussi que si Lui est sans cesse présent, c’est bien souvent nous qui sommes absents. Le silence nous permet de nous détacher de toutes les distractions, les divertissements dirait Pascal, qui nous rendent absents à nous-mêmes et à Dieu. Nous sommes un peu comme ces boules remplies d’eau et de paillettes blanches avec une tour Eiffel ou je ne sais quel monument. Tant qu’elle est secouée, on ne voit rien. Il faut qu’elle repose pour que l’eau s’éclaircisse et que le monument devienne visible. Le silence est cette manière d’arrêter l’agitation habituelle et de laisser reposer notre être intérieur pour que les choses deviennent plus claires. C’est certainement là un des buts premiers des retraites : dépasser notre personnage superficiel et accéder à une certaine profondeur de nous-mêmes qui està la fois le lieu de la paix et celui de la rencontre avec Dieu...

Une expérience à tenter

Mais il faut reconnaître que le silence n’est pas toujours facile. Nous avons du mal à tourner le bouton et à faire taire les voix et les discours intérieurs qui nous emplissent. Nous n’y sommes pas habitués et, plus encore, le silence nous fait parfois peur. Nous avons une certaine appréhension à l’idée de nous trouver face à face avec nous-mêmes et peut-être plus encore avec Dieu, pour plus de quelques secondes. Et il se peut que notre silence se remplisse d’un tas de choses qui viennent de nos profondeurs et qui remontent à la surface. Il faut donc du temps et quelques minutes ne suffisent pas. Il faut aussi un peu de courage et ne pas commencer à fuir dès que le silence s’installe, à fuir dans une conversation, un roman ou à allumer notre petit poste radio. Nous sommes invités à entrer peu à peu dans le silence et à le faire tranquillement. Il ne s’agit pas de faire le grand vide ; nous pouvons lire, méditer, contempler la nature, mais à condition de laisser peu à peu notre esprit s’apaiser. Si nous n’y sommes pas encore habitués, acceptons l’expérience et surtout acceptons de laisser au silence le temps de nous emplir.

Lecture de D. BONHOEFFER, De la vie communautaire, p. 78-79.

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