Noël a toujours fait résonner en moi la question : « Et les autres ? »
C’est ce que nous avons voulu transmettre à nos enfants : apprendre à faire une place à ceux qui sont différents, un peu comme lors de cette première veillée de Noël à Bethléem où des bergers, des personnes du dehors, se sont réunis autour de l’Enfant Jésus.
Il y a quelques années, nous avons commencé à fêter Noël avec deux jeunes, Inder et El-Hadj, rencontrés à l’occasion d’un camp que nous organisions. Je me souviens encore de notre premier Noël ensemble, car l’un d’eux a souhaité prier à haute voix pendant le temps de méditation ! Cela m’a marqué.
Depuis, cette soirée annuelle est devenue une belle fête de famille : des jeunes, des familles, notre équipe ! Je suis étonné de voir combien de personnes autour de nous souhaitent redonner un vrai sens à la veillée de Noël en l’ouvrant à ceux qui sont seuls ou isolés.

Nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes qui participent à la soirée en nous fournissant une partie du repas. Notre salon se transforme en une grande tablée, pouvant accueillir plus de 25 personnes. L’après-midi, nous allons marcher dans les montagnes environnantes – parfois même dans la neige ! – avant de démarrer la soirée rythmée par des animations, des histoires, des chants et un temps de partage biblique. Il y a un jeu qu’on retrouve désormais à tous les Noëls : le loto bingo. Un membre de l’équipe prépare plein de petits lots que les jeunes et moins jeunes peuvent gagner pour leur plus grande joie. Souvent, ce sont nos enfants qui finissent par recevoir ces cadeaux, car les jeunes les leur offrent généreusement.
Noël dernier, Primvera, originaire d’Albanie, nous a dit avec émotion : « Cela fait sept ans que je suis en France, et c’est la première fois que quelqu’un m’invite avec ma famille. » Un autre jeune originaire de Guinée m’a confié : « Ici, c’est comme une famille pour moi. Je me sens aimé. »
Pour en savoir plus
Depuis 8 ans, l’association « Street Pasteur » mène un travail d’animation de rue. À travers des activités sportives dans les quartiers et des camps à la montagne, elle touche les jeunes issus des milieux populaires et leur famille. Elle anime également une aumônerie dans un foyer de jeunes migrants. Un dimanche par mois, ceux qui le souhaitent peuvent vivre l’expérience d’un culte autour d’un repas.