Plus bas tombée, plus haut relevée

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Plus bas tombée, plus haut relevée
Souvent je rumine les circonstances de ma vie, mes erreurs et mes fautes, les carrefours où je me suis trompée de voie.

Comment en suis-je arrivée là ?

Enfant, je n’aurais jamais imaginé que je finirais ainsi, prostituée, souillée jour après jour, seule et méprisée de tous. Ma vie se passe dans la pénombre des chambres, et je sors peu, tant le regard des autres me blesse – presque plus que mes rencontres nocturnes.

Ses mots ont traversé mon cœur

Mais ce jour-là, il fallait bien que j’aille faire quelques courses. Sur la place principale, une foule entourait un homme. Il parlait de Dieu. Alors que je ne voulais pas m’arrêter, j’ai été happée par ses paroles, limpides et pures comme les sources de mon enfance. Il parlait de la grandeur de Dieu, de sa patience, de son amour infini. Il disait que tous pouvaient venir à Dieu, s’ils avaient un cœur sincère. Il appelait Dieu « notre Père du ciel ».
À cet instant, j’ai ressenti l’amour de Dieu pour moi, moi la prostituée de la porte des Lions !

Plus qu’une seule idée

Quand j’ai vu qu’il suivait Simon, ce religieux hautain qui habite près de la place, je me suis précipitée chez moi. J’ai pris mon bien le plus précieux, un vase de marbre rempli d’un parfum qui me rappelait ma mère et que je ne m’étais jamais décidée à vendre, malgré ma pauvreté. En arrivant chez Simon, je vois l’homme manger avec les autres, à demi-assis. Ils l’appellent Jésus. Discrètement, je me faufile derrière lui.

Que d’émotions !

Je suis à la fois triste de ma vie gâchée et soulagée d’être aimée de Dieu. Je m’agenouille avec l’espoir d’une vie nouvelle. Mes larmes coulent de mes joues à ses pieds, je les essuie avec mes cheveux. Sans un geste ni un mot, il me regarde, avec respect et douceur. Alors je prends mon petit vase, et, lentement, comme on allume une bougie, je verse le parfum sur ses pieds. J’entends les autres s’indigner, mais je me sens protégée par Jésus : lui, il me donne le droit d’être là.

Il a compris mon geste

Jésus prend alors la parole : « Simon, imagine un homme à qui deux amis doivent de l’argent, l’un 50 pièces, l’autre 500. L’homme efface les deux dettes : qui sera le plus reconnaissant ? » Simon a l’air surpris. Puis, un peu contre son gré, il répond : « Celui qui devait le plus. » Jésus acquiesce, puis se tourne vers moi, sa main se pose légèrement sur mon épaule : « Tu vois cette femme ? Toi tu m’as accueilli avec le minimum d’hospitalité, mais elle, elle m’a donné son trésor. Elle qui a beaucoup péché, elle est pardonnée, car elle a reçu le don que Dieu lui fait. »

Me voici libérée

Simon et les autres s’agitent, et je les comprends : qui pourrait pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? Ce Jésus est-il plus qu’un prophète ? Mais Jésus se penche vers moi et me dit solennellement : « Va, lève-toi, par ta foi tu es sauvée. Dieu te rend libre aujourd’hui. Que sa paix t’accompagne toujours. » En me levant, c’est comme si ma honte et ma peine restaient au sol. Remplie de joie, je sors la tête haute, prête à entrer dans cette vie nouvelle que Jésus m’a donnée.
Texte inspiré d’après Luc 7.36-50.



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