25 décembre. Noël Claudel

25 décembre. Noël Claudel
Dans ses "Psaumes" (Gallimard), Claudel le poète traduit ainsi le dernier verset du Psaume 12 (6), songeant sans doute à la grâce du Noël 1886, le Noël de sa conversion :

À l’idée de ton salut, mon cœur a comme pris des ailes !
Ce Seigneur Dieu qui m’a fait du bien, vers Lui est sorti
de moi un chant ! Il est sorti de moi une espèce de chant
et de poème vers le Très Élevé ! 

Un chant de Noël vers le Très-Haut qui s’est fait Très Bas cette nuit-là. Voici le « Chant de marche de Noël » du même Paul Claudel ("Bréviaire Poétique") :

La nativité Pauvre Jésus, quand Tu te présentes, il n’y a jamais de place à l’hôtel !
Joseph, avec l’humble Marie sur le petit âne, s’en va de porte à porte.
L’aubergiste, quand il voit cette femme enceinte, appelle au secours et main-forte !
Et refoule avec sa serviette sur le perron et sous la branche de sapin
Saint-Joseph qui n’a point son auréole sur la tête, mais une vieille casquette en peau de lapin. ...

Quel cœur si dur qui ne se fonde au spectacle qui nous est montré !
Lui qui nous aime tant, qui ne l’aimerait de son côté.
Et n’aurait les larmes aux yeux, prenant entre ses bras ce petit pauvre ?
Et si quelqu’un de vous doute encore, qu’il se range à l’écart et vérifie
Ce papier où pour lui depuis Moïse j’ai recensé les prophéties.

Car, aujourd’hui un enfant nous est né, un tout-petit nous est donné,
Une tige est sortie de David, une fleur de la racine de Jessé...
Restituant le plein héritage que Satan nous dérobait,
Et son nom est appelé Admirable, Conseiller,
Dieu fort, Père du siècle futur, Prince de la Paix.


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