26 avril 1993. Emission d'un timbre à l‘effigie d‘André Chamson

publié le 26 April 2020 à 00h01 par José LONCKE

26 avril 1993, émission du timbre à l‘effigie d‘André Chamson.

26 avril 1993. Emission d'un timbre à l‘effigie d‘André Chamson

 Archiviste de formation, André Chamson (1900-1983) il fut Directeur général des Archives Nationales de 1959 à 1971. Le jour de sa prise de fonction il s’arrêta devant l’acte de révocation de l’Edit de Nantes et dit à ceux qui l’accompagnaient : « Eh bien, messieurs, je l’ai échappé belle ! »

C’est le 6 février 1934 qui amène André Chamson à un engagement politique au côté du Front Populaire.

Il acquit la célébrité par ses romans historiques. Son œuvre romanesque, qui lui valut d’entrer à l’Académie française en 1956, a donné une dimension nationale à l’histoire des Cévennes protestantes.

Ainsi Roux le Bandit, en 1925, dessine le portrait du " déserteur pour la foi " pendant la Guerre de 1914.

Plus tard, le siècle de la Révocation et du Désert va lui inspirer une suite de romans qui reconstruiront l’épopée de la liberté de conscience dressée contre l’oppression : La Superbe, en 1967, c’est la galère sur laquelle rament et souffrent les galériens pour la foi ; La Tour de Constance, en 1970, c’est la tour des prisonnières ; Castanet, le camisard de l’Aigoual, en 1979, c’est le prédicant du Désert roué vif ; Catinat, en 1982, c’est l’un des chefs camisards, rude rebelle supplicié en chantant un psaume.


Dans « Le Chiffre de nos jours » (1954), il évoque ses souvenirs d’enfance et de jeunesse. Le titre "Le Chiffre des jours" est directement inspiré du Psaume 90, mais selon une ancienne manière de dire, et il annonce déjà la couleur. En exergue, l'auteur cite le verset 12 de ce même psaume 90 : « Seigneur... enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions nos cœurs à ta sagesse ».


Dans "Les Quatre éléments" (1935), il plonge dans son enfance par quatre nouvelles. Dans une des nouvelles, sont abordées Les langues, devrait-on dire : le patois parlé dans la rue ; le français parlé à l’école, et la langue de la Bible, ce français si spécial que les protestants entendaient lors de leurs soirées de lecture. La grand-mère de Chamson, tous les mercredi soir, recevait chez elle des fidèles qui se réunissaient pour lire des passages de la Bible.

André Chamson avait pris la parole sept fois dans les Assemblées du Désert (1935, 1954, 1958, 1967, 1972, 1975 et 1979). Les trois premiers discours avaient déjà été publiés en 1959. André Chamson les avait fait précéder de ces quelques lignes :


" Je suis de ce pays autant qu’on peut l’être. Les miens l’ont habité depuis toujours. Au-delà de mon père et de ma mère, j’y vois se dresser derrière moi le front des quatre - les deux aïeuls et les deux aïeules - , le front des huit, le front des seize, celui des soixante-quatre, des cent vingt-huit, des deux cent cinquante-six…
" Au-delà de ces Chamson qui naquirent vers 1670, de ces travailleurs de terre et de ces artisans qui tissaient le drap et le cadis dans les hautes vallées des Cévennes, c’est dans une confusion d’incendies et de massacres que je perds la trace de mes anciens. Le dernier dont j’entrevois le visage a fini sa vie aux galères. Ce tutoyeur de Dieu a suivi le destin des hommes de sa province. Ceux qui l’ont précédé ne sont plus, pour moi, qu’une immense foule anonyme, mais je sais qu’ils étaient là, depuis des centaines d’années ".




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