27 avril 2004. Un train Eurostar porte le nom de Michel Hollard

publié le 27 April 2020 à 00h01 par José LONCKE

27 avril 2004. Gare du nord : une rame Eurostar porte maintenant le nom de Michel Hollard.

27 avril 2004. Un train Eurostar porte  le nom de Michel Hollard
Michel Hollard Maquisard et camisard. Dans la muraille de la Tour de Constance à Aigues-Mortes, on peut encore lire l’inscription « RESISTEZ » gravée jadis par l’Héroïque Marie Durand, qui fut emprisonnée pour avoir obéi à sa conscience. Michel Hollard offre l’un des plus beaux exemples d’application contemporaine du fameux mot d’ordre. Pour ce héros de la Résistance, le maquisard de 1940 et le camisard de la guerre des Cévennes se ressemblent. Ce sont des combattants de la même espèce, défenseurs de deux causes supérieures, voire sacrées. Engagé volontaire pendant la 1ère guerre mondiale, Michel Hollard crée un réseau de résistance au cours de la seconde. En 1943, il apprend que l’ennemi entreprend d’inquiétantes constructions au Nord-Ouest de la France. Il explore immédiatement les régions concernées, et découvre l’infrastructure de lancement de l’arme V1 pointée sur Londres.


Michel Hollard réussit à faire la navette entre la France et la Suisse. Dans ce pays neutre, il rencontre des correspondants britanniques et leur remet le résultat de ses découvertes. La plupart des stations de catapultage d’engins sont ainsi bombardées avant d’avoir pu entreprendre leur œuvre de mort. Une brebis galeuse provoque l’arrestation du résistant. Il résiste héroïquement à ses tortionnaires. A la prison de Fresnes où il est enfermé, on lui apporte un recueil de cantiques. Il enseigne à ses trois compagnons de cellule le chant des naufragés du « Titanic » : «

 Mon Dieu, plus près de toi, c’est le cri de ma foi… »


Le lendemain, à la même heure, les chanteurs améliorent leur interprétation, suscitant dans les cachots voisins, à travers les cloisons, de nouvelles vocations de choristes. La sérénade spirituelle se renouvelle soir après soir. En moins d’une semaine, toute la population du bâtiment s’est métamorphosée, au crépuscule, en une immense chorale. Michel Hollard, après un an de souffrance dans un camp de déportation, est jeté dans la cale d’un navire destiné au naufrage. Au bout de dix jours, il s’adresse à ses compagnons accablés :

« Mes frères, nous voilà en partance pour une destination inconnue. Vous ne partagez probablement pas tous mes convictions chrétiennes. Cependant, naguère, vous livriez un combat au service d’un idéal. Certains d’entre vous savent que Jésus a dit : « Là où deux ou trois personnes invoqueront mon nom, je serai au milieu d’elles et leur donnerai mon appui. » Dans notre détresse, prions le Seigneur d’atténuer les malheurs du monde".


Peu après, la voix d’un gardien retentit à travers une écoutille :

« Les détenus de langue française sont convoqués sur le pont ! »

Michel Hollard se précipite pour aider ceux qui chancellent à gravir les échelles, et sort le dernier. On apprendra que la Croix-Rouge suédoise a réussi à sauver un petit nombre de captifs en échange d’une livraison de médicaments.

Le lendemain, les 7 000 autres prisonniers encore entassés dans trois navires périssent noyés. Jusqu’à son dernier souffle, Michel Hollard rendra grâce à ses sauveteurs, et à la protection divine qu’il avait invoquée au moment où s’éteignaient les dernières lueurs d’espoir.

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