6 janvier. Pomme et grappe de raisin

publié le 6 January 2020 à 00h01 par José LONCKE

Le 6 janvier marque traditionnellement la fête de l’Épiphanie : la naissance du Christ et sa manifestation aux mages. Ce jour là est plus important en Espagne et en Orient que le 25 décembre.

Revenons sur deux symboles de Noël, un peu oubliés de nos crèches et de nos célébrations... et sur deux tableaux de Cranach.

La pomme 

Le fruit défendu n’est pas clairement identifié dans le livre de la Genèse, mais la tradition populaire chrétienne soutient qu’ Adam et Ève ont mangé une pomme de l'arbre défendu dans le jardin d'Eden. Cette conclusion pourrait provenir des peintres de la Renaissance qui ajoutaient régulièrement des éléments de la mythologie grecque dans des scènes bibliques. Le fruit sans nom d'Eden est ainsi devenu une pomme sous l'influence de l'histoire des pommes d'or du jardin des Hespérides. En conséquence, la pomme est devenu un symbole de la connaissance, de l'immortalité, de la tentation, de la chute de l'homme et du péché. En latin, les mots pour désigner la pomme et le mal (“malum") sont presque identiques. Cela peut aussi avoir influencé la pomme  qui devint le “fruit défendu” par excellence dans la tradition biblique.

La notion de pomme comme un symbole du péché se retrouve dans les rendus artistiques de la chute de l'Eden. Lorsque qu’elle est tenue dans la main d'Adam, la pomme symbolise le péché. Mais, quand le Christ est dépeint tenant une pomme, il représente le second Adam qui apporte le salut en prenant sur lui le péché humain.

Ainsi dans le tableau de Cranach conservé au Musée de l'Ermitage (Saint-Petersbourg), "La vierge Marie et l'enfant Jésus sous un pommier", Jésus se saisit d'une pomme.  

Cette différence reflète graphiquement  l'évolution du symbole dans le christianisme. Dans l'Ancien Testament, la pomme incarnait la chute de l'homme; dans le Nouveau Testament, elle est un emblème de la rédemption de cette chute.

 

La grappe de raisin
"La vierge à la grappe" de Cranach (Munich), représente Marie et l'enfant Jésus.

La Madone à la grappe, vers 1520-25

Jésus se saisit d'une grappe de raisin. La grappe de raisins soulevée ou caressée n’est pas un accessoire quelconque : le raisin renvoie au pressoir, qui symbolise la mort du Christ en sacrifice. Le regard légèrement nostalgique de Marie, qui veille sur l’enfant Jésus, peut être interprété comme une preuve de la détermination du Christ à aller jusqu'au bout de son amour pour nous, jusqu'à la croix .

 

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