Installation et reconnaissance d'un ministère

Extrait
Note : 50
( 3 votes )

Ce dossier a été rédigé par la commission Musique et Animation des Cultes.

Installation et reconnaissance d'un ministère

INTRODUCTION

Le document de la FEEBF : « Le ministère pastoral », adopté par le Congrès de Nîmes (2000), définit ce ministère et exige qu'une cérémonie publique ait lieu sous les auspices de l'Église locale. La Commission des Ministères a prié la Commission Musique et Animation des Cultes de proposer des canevas liturgiques pour aider les Églises fédérées et les postes MIB à préparer de telles cérémonies.

Ce dossier n'est ni définitif, ni obligatoire, mais nous croyons qu'il recommande des usages qui ont démontré leur valeur spirituelle. Son contenu est hautement biblique. Il s'efforce d'incarner les convictions Baptistes au sujet de l'Église et de ses ministères. Fruit d'un examen de manuels baptistes et des liturgies de diverses confessions, il propose d'invoquer explicitement l'Esprit du Christ avant l'imposition des mains et reflète le consensus œcuménique dans la matière. Nous voulons ainsi souligner l'ordre de prier que le Seigneur de la moisson envoie des ouvriers (Mt 9.38).

Par souci de simplicité, nous ne parlons que du ministère pastoral et du Conseil d’Église. Ceci n'implique aucun refus de reconnaître les autres ministères au sein d'une Église locale ou dans le cadre national de la Fédération Baptiste tel aumônier ou enseignant en théologie.

Plusieurs questions s'imposent : la Bible justifie-t-elle de telles cérémonies ? Voir la section A sur les données bibliques. Comment faut-il nommer ces diverses cérémonies ? En réalité, les Églises protestantes emploient divers titres, chacun renfermant une part de vérité. Consécration au ministère pastoral ou Reconnaissance de ministère ou Installation. Le Synode National de l'ERF à Dourdan en 1984 a opté pour Reconnaissance de ministère, qui n'est pas réservé aux pasteurs, pour souligner le sacerdoce de tous les fidèles(1).

Les titres Reconnaissance ou Installation se prêtent à une diversité de ministères tandis que le terme Consécration est plus approprié pour pasteurs et anciens au Conseil « presbytéral ». Si les Baptistes anglais et d'autres Églises parlent simplement d'ordonner d'où l'ordination des pasteurs, d'autres réservent le titre de « consécration » aux inspecteurs, surintendants ou évêques pour des ministères de supervision et d'unité, au niveau régional ou à caractère « épiscopal ». Puisque les Églises Baptistes, comme beaucoup de protestants, estiment qu'il s'agit d'un seul ministère, exercé à différents niveaux, il n'y a donc pas lieu de se disputer sur les titres, même si chacun donne un éclairage différent.

Si nous retenons le titre de « Consécration », sans escamoter la nécessité de « reconnaître » un ministère, ceci ne doit pas se confondre avec l'Installation dans un poste, l'admission à un sacerdoce (ordination à la prêtrise), ou la promotion (nouveau grade pour un diplômé universitaire). Et pourtant, ces affirmations n'épuisent pas le sens à donner au culte de consécration. Par conséquent, nous ferons quelques remarques théologiques suivies de précisions liturgiques.

Quand intervient un culte de Consécration ? En effet, on peut reconnaître un ministère après plusieurs années d'exercice, mais on peut imaginer de mettre à part un pasteur-proposant après trois années de ministère. En tout cas, un culte de Consécration n'a lieu qu'une fois dans la carrière d'un pasteur. Il en est autrement pour le culte d'Installation, qui peut utilement se renouveler à l'entrée dans chaque nouveau poste. 

A. DONNÉES BIBLIQUES

Nous disposons de peu d'exemples bibliques pour élaborer une cérémonie de reconnaissance de ministère. Toutefois, l'Ancien Testament décrit la consécration du souverain sacrificateur et la désignation de Josué comme successeur de Moïse, tandis que le Nouveau Testament relate l'installation de Matthias et celle des sept « diacres ». Divers passages racontent l'envoi de disciples ou de missionnaires. En Israël, comme dans l'Église, on nomme des anciens et impose les mains sur des responsables. Si l'Ancien Testament s'étend principalement sur la cérémonie d'investiture, le Nouveau Testament fournit davantage d'instructions aux Églises et expose les qualités morales et spirituelles requises pour le ministère. Passons en revue ces différents sujets :

a) La consécration du souverain sacrificateur : Exode 29, Lévitique 8.
Les sacrifices, les offrandes, le lavement du corps, les vêtements, les signes de reconnaissance extérieurs, l'huile d'onction, l'imposition des mains ainsi que les gestes de Moïse, ceux d'Aaron et de ses fils, voilà tout ce qui y est décrit.

b) La vocation de Josué : Nombres 11 et 27.18,23 ; Deutéronome 34.9.
Moïse nomme 70 responsables (cf. Ex 18), qui reçoivent l'Esprit et expriment un don prophétique. Il forme le vœu que tout le peuple devienne des prophètes (11.29) préfigurant ainsi la Pentecôte. Par rapport à la consécration du grand prêtre, l'installation de Josué est beaucoup moins détaillée. On précise ses qualités spirituelles (homme en qui se trouve l'Esprit). Le prêtre Eléazar et la communauté sont présents quand Moïse lui impose les mains. Ceci sert de signe pour l'établir dans sa charge. On a recours à l'Ourim pour savoir ce que Dieu veut.

c) L'envoi des disciples : Luc 10.1-11 ; Matthieu 28.16-20 ; Jean 20.19-23 ; 21,15-19
Le choix des apôtres relève du Christ seul, après une nuit de prière (Jn 15.16, cf. Lc 6.12-16). Plusieurs récits d'envoi figurent dans les Évangiles. Le Ressuscité mandate ses disciples pour la mission et rétablit Pierre dans sa charge pastorale.

d) L'installation de Matthias : Actes 1.15-26.
Pierre formule les critères pour choisir un apôtre du Seigneur afin de compléter le collège des onze : Témoin de la résurrection; Disciple de la première heure; Serviteur zélé. Sa démarche se justifie par une citation des psaumes. Le tirage au sort sert pour départager les deux candidats en faveur de Matthias. La manière de l'établir n’est pas précisée.

e) Le choix des sept diacres : Actes 6.1-6.
Ce passage indique les qualités spirituelles requises (un bon témoignage extérieur, être rempli d’Esprit Saint et de sagesse), et livre les éléments de la cérémonie : Élection par les disciples ; Prière puis Imposition des mains des apôtres.

f) L'apôtre Paul : Actes 9.17,26-28 ; 13.1-3 ; Galates 2.9-10.

Son cas est intéressant car la reconnaissance de son ministère se fait par étapes :

 1) Tout d'abord, un simple disciple est envoyé à son chevet pour lui imposer les mains; ce qui fut le signal non seulement de sa guérison mais également du commencement de son ministère à Damas (Ac 9.20). 
 2) Ensuite, Barnabas doit défendre la cause de Saul devant les apôtres de Jérusalem. En effet, après avoir souhaité collaborer avec les disciples sans que cela soit immédiatement réalisable (Ac 9,26), et suite à sa comparution devant les apôtres, il est dit expressément qu'il était avec eux, « allant et venant dans Jérusalem et s'exprimant ouvertement au nom du Seigneur » (Ac 9.28). Le verbe grec en Actes 9.26 : kollasthai, souligne le désir ardent de Saül de « se coller » aux disciples, d’être mis sur le même rang qu'eux dans la mission évangélique à accomplir.
 3) Puis, une seconde fois, après un temps de jeûne et de prières, les mains lui sont imposées en compagnie de Barnabas, par des prophètes; ce fut également le signal du départ pour une mission en Séleucie (Ac 13.1-3). 
 4) Enfin, Paul lui-même témoigne d'un geste important qui l'a introduit, ainsi que Barnabas, dans le ministère : la poignée de main, signe d’accord et de communion dans le ministère (Galates 2, 9-10).

g) Tite et d'autres reçoivent l'imposition des mains : 1 Timothée 3.4,14 ; 5.22 et 2 Timothée 1.6.
À ce tableau, nous ajoutons des passages bibliques : conseils de sagesse ; récits de vocation et quelques oracles prophétiques en raison de leurs richesses éthique et théologique. On les trouve dans la liste des lectures, proposée à la section I du Dossier liturgique.

Conclusion

Tous les passages considérés n'ont pas fonction d'indiquer comment transposer pour nos Églises le déroulement des diverses cérémonies. En revanche ils attestent le sérieux dans la mise à part de tel serviteur à tel poste et cela devant la communauté rassemblée. Les Actes et les Épîtres attestent que l’élection, la prière et l'imposition des mains sont au cœur de toute cérémonie. Les remarques théologiques, volet B, vont aborder d’autres questions. Et les précisions liturgiques, volet C, donnent corps à nos convictions.

...

 ...

1 Les liturgies réformées classiques préfèrent le terme de « consécration » à celui d'ordination, puisque selon J-J von Allmen, Le saint ministère selon la conviction et la volonté des Réformés du XVIème siècle, p.48, « la personne est dédiée au service de Dieu et de l'Église ».

Vous aimerez aussi

Cet article est la transcription d'une étude que le pasteur Mark Farmer a...
Il est parfois difficile, lorsqu'on n'en a pas l'habitude, d'animer un culte....
La prière, pourtant prisée dans les Églises évangéliques, y fait souvent...
C’est une nouvelle rubrique qui vous est ici présentée dans les Cahiers : «...

Commentaires

Sosthène Bansimba
22 February 2012, à 01:03
J'ai lu certains cours, je les trouves équilibré, sage et profond.
Note du commentaire :
5
- +
Administrateur des C.e.p.
22 February 2012, à 09:05
Merci beaucoup pour votre appréciation, en espérant vous apporter ce même équilibre mais plus encore une sagesse inspirée dans de prochains articles.
Note du commentaire :
0
- +

Ajouter un commentaire

OK
Chargement en cours ...