Jésus, le fils de Marie

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Jésus, le fils de Marie

À MON AMI MUSULMAN(1)

Cher Mohand Azouaou,
Savez-vous que le Coran accorde à Jésus une place plus importante qu’à n’importe quel autre prophète ? On le constate par les titres spécifiques qui lui sont attribués et par le nombre de textes qui lui sont consacrés.
Le Coran présente systématiquement Jésus comme « fils de Marie » (‘Îsâ ibn Maryam). Les versets 42 à 47 de la sourate al-‘Imrân (la famille d’Imran) rapportent un dialogue entre l’ange d’Allah et Marie sur la conception miraculeuse de Jésus. Celui-ci est appelé au verset 45 « ‘Îsâ ibn Maryam » (Jésus, fils de Marie) alors que dans la culture arabe de l’époque, les enfants sont présentés par leur filiation au père et non à la mère, ce qui est le cas du prophète lui-même, Muhammad ibn ‘Abd Allâh (Muhammad, fils du serviteur d’Allah). Si le Coran présente Jésus au nom de sa mère (‘ibn Maryam), c’est pour montrer son statut particulier, à savoir sa conception miraculeuse, sans l’intervention d’un homme. Il est un don de Dieu (Q 19.15-35). La sourate Maryam (Marie : Q 9.2-37) confirme la conception miraculeuse de Jésus mise en parallèle avec la création d’Adam en se servant du même langage employé pour la Création : « Dieu dit : ’’sois”, et la ’’chose est” » (Q 19.35).
Selon le Coran, Jésus est né sans péché, pur, comme sa mère Marie : tous les deux, Jésus et sa mère sont préservés du démon maudit que rencontre tout enfant à sa naissance (Q 3.36). À ceux-ci, la Tradition musulmane ajoute Jean-Baptiste comme pur sur la base de deux textes coraniques (Q 3.38-39 ; Q 19.12-15). Tous les prophètes dans le Coran, y compris Muhammad, ont demandé le pardon de Dieu, ou alors, c’est Dieu qui leur a annoncé le pardon de leurs fautes. La seule exception : Jésus qui est né pur et qui le demeurera tout au long de sa vie, parce que Dieu a voulu faire de lui un « signe » pour l’univers (Q 21.91).
Enfant, Jésus était déjà doté de facultés extraordinaires et surnaturelles qui n’ont fait que s’accroître par la suite durant son ministère. La sourate al-‘Îmrân (Q 3.48-51) rapporte ces exploits uniques à Jésus : des guérisons, des résurrections... Les commentateurs musulmans font remarquer que d’autres prophètes ont fait l’un ou l’autre des miracles accomplis par Jésus, mais seul Jésus a pu en réaliser l’ensemble.
De plus, Jésus, le béni, (Q 19.31) est soutenu par l’Esprit Saint (Q 2.87,253 ; 5.110). Ce qui lui permet d’avoir accès à la science divine, une science inexprimable et de n’avoir jamais transgressé la Loi divine durant sa vie terrestre.
Malgré tout cela, la prédication de Jésus reste, selon le Coran, un échec parce que les Juifs n’ont pas cru en lui (Q 4.65). Suite à cette résistance, Jésus s’est consacré à l’enseignement des apôtres qui ont cru à son mes- sage, l’Évangile (Q 3.52-53). Le verset 55 de la sourate al-‘Imrân évoque l’élévation de Jésus auprès de Dieu (cf. Q 4.156-159). Pour le Coran, Jésus n’a donc pas connu la crucifixion et la résurrection – si fondamentales pour la foi chrétienne (1 Corinthiens 15). Le Coran n’est pas clair sur la manière dont Dieu a libéré Jésus des mains de ceux qui voulaient le crucifier.
Le refus de la mort de Jésus par le Coran est fondé sur une conviction théologique selon laquelle Dieu accorde toujours la victoire à ses serviteurs, surtout ses prophètes et ses envoyés. Pour le Coran, Dieu fait triompher ceux qui cherchent à faire triompher sa cause comme Noé, Abraham, Lot, Jonas qui ont échappé au jugement prononcé contre eux par le « conseil de leur peuple ». De ce fait, il est impossible pour le Coran que Jésus succombe au jugement de son peuple car il ne pouvait être un perdant.
Il est vrai que l’Évangile présente tout autrement la mort de Jésus sur la croix. Sa crucifixion est, en réalité, le lieu de la victoire éclatante sur le mal, sur le péché (1 Corinthiens 1.22-25) et sur la mort elle-même. Trois jours après sa mort ignominieuse, Jésus est sorti vivant du tombeau (Luc 24.5), vivant pour toujours (Romains 1.4). Jésus avait choisi, dès le départ, de donner sa vie par amour pour notre humanité en ajoutant : « Je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre » (Jean 10.11,18). Le moment venu, il a renoncé à faire appel à la légion d’anges (Matthieu 26.53) à sa disposition pour le délivrer. Jésus s’est ainsi identifié aux pécheurs que nous sommes, au point de porter nos péchés à la croix. Un don total qui est l’expression d’un amour total : « Jésus, ayant aimé les siens... les aima jusqu’à l’extrême » (Jean 13.1).
Voilà pourquoi, cher Mohand Azouaou, j’ai voulu vous présenter Jésus, un homme unique, tant dans la présentation qu’en fait le Coran que ce dont témoigne l’Évangile. Le Coran annonce qu’il reviendra à la fin des temps, au Jour de la résurrection, l’Évangile atteste qu’il est celui qui a vaincu définitivement la mort, une victoire qu’il veut partager avec tous les hommes.
Mais ce n’est pas tout… J’aimerais vous en dire plus encore dans mon prochain courrier.

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