Mon retour au domicile s’accompagne de nombreux soins, avec des conséquences parfois humiliantes. Comment vivre autrement ? J’ai subi une ablation de la vessie et une néo-vessie a été greffée. Le muscle vésical qui gère la continence n’est plus connecté au cerveau.
Il faut que mon corps s’adapte aux traumatismes, que je comprenne comment il fonctionne. Pendant des mois, je ne me reconnais plus. J’ai du mal à me regarder et les cicatrices me montrent que cette guerre a laissé des marques visibles. C’est le défi des années à venir : apprendre à vivre !
Mon épouse, durant toute cette période, ne travaille pas. Nous y voyons une vraie intervention divine dans tous nos besoins. Lorsque les infirmières viennent à domicile, c’est elle qui fait la coordination entre les différents intervenants. Elle veille sur moi comme son trésor. Notre complicité et notre amitié qui se sont tissées depuis des années nous permettent de relever ce défi immense. Pour m’emmener à la douche, Sabine me fait le « petit train ». Elle fait la locomotive et, mes mains sur ses épaules, je suis le wagon qui s’accroche pour descendre.
L’un de mes frères passe également à mon domicile pour installer une rampe dans les escaliers, car au début, je ne peux pas marcher seul. J’ai besoin d’aide dans les gestes les plus vitaux de la vie quotidienne, allant des soins, de l’hygiène à l’alimentation (à force de ne plus manger, je n’ai plus d’appétit). Progressivement, malgré mes journées au lit, je retrouve quelques forces.
L’amitié et les messages de mes amis, de mes collègues ou encore de l’équipe municipale me donnent un peu de baume au cœur. Régulièrement, mon ami et maire de ma commune me contacte pour prendre quelques nouvelles. Son attention, comme celle des autres, nous touche beaucoup, Sabine et moi.
Le jour où je retrouve un peu plus d’autonomie, c’est le jour où mon épouse retrouve un emploi !
Amour et forces
L’amour a quelque chose de commun avec la foi : la transcendance. Je crois d’ailleurs que ce n’est pas...