J’ai un enfant gravement malade et je n’ose pas le confier

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J’ai un enfant gravement malade et je n’ose pas le confier
Confier son enfant à quelqu’un d’autre n’est pas une attitude instinctive. D’ailleurs, la maman chatte ne donne pas ses chatons à garder à sa voisine. C’est toujours une souffrance pour une mère de laisser son enfant en garde pour la première fois. Quant à l’enfant lui-même, les rentrées des classes dans les pleurs montrent combien les petits peuvent souffrir de cette séparation. Pourtant, cette étape est nécessaire pour apprendre l’autonomie. L’apprentissage va se poursuivre pendant de nombreuses années.

Indispensable et pourtant limitée

La séparation, souvent brutale, d’un enfant gravement malade est encore bien plus difficile. L’enfant malade est plus vulnérable; l’instinct de protection s’accroît donc naturellement. À tort, ou parfois à raison, la maman peut avoir l’impression que, si elle laisse son enfant, son état va s’aggraver et qu’il risque de mourir pendant son absence. Elle sait qu’elle est la personne la plus concernée: celle qui connaît le mieux ses besoins, son traitement, les erreurs à ne pas commettre… C’est en partie vrai, mais la maman doit aussi se rendre compte de ses limites: en connaissances médicales bien sûr, mais également en énergie physique et émotionnelle. Dans un service hospitalier, les infirmières et médecins se relaient, mais une maman est souvent présente 168 heures par semaine auprès de l’enfant sans nuits réparatrices. Même si le papa partage la tâche, il a besoin, lui aussi, de sommeil réparateur. Ils en deviennent moins efficaces.

Pensez aux autres

Les frères et sœurs de votre enfant malade vont souffrir si vous êtes surchargée. Vous risquez de vous isoler socialement et de vous épuiser physiquement.
Vous finirez, même contre votre gré et souvent sans vous en apercevoir, par être nuisible à votre enfant malade pour qui vous vous sacrifiez. Si votre enfant est revenu à domicile et que la situation se prolonge, essayez de vous organiser en famille. Il est important que vous ne soyez pas seule concernée. Avec le temps, vous pourrez organiser une hospitalisation à domicile, avec un soutien soignant quotidien, des gardes nocturnes régulières, et le passage de différents acteurs : kinésithérapeutes, ergothérapeutes, etc. Cela vous permettra un peu de répit et vous apprendra peu à peu à faire confiance à d’autres.

Faites-vous aider

Il est important que vous combattiez à chaque étape le sentiment de culpabilité de l’abandon de votre enfant vulnérable. Votre enfant a également besoin de l’interaction avec d’autres personnes. Bien entendu, vous ne pouvez pas faire appel à n’importe quel baby-sitter occasionnel. Il faut pourtant vous lancer: quelques minutes d’abord, puis plus longtemps. Vous bénéficierez ainsi, en plus, d’un rapport social avec ces personnes aidantes. Elles seront concernées, elles aussi, par le bien-être de votre enfant. Elles seront peut-être votre principal lien avec le monde extérieur. Dès qu’une relation de confiance aura été établie, vous apprendrez à sortir de la maison pour vous ouvrir à d'autres rapports sociaux. Personne n’envisage ce scénario de vie à l’avance. Cela demande une grande capacité d’adaptation dans un climat d’anxiété. Si votre situation se prolonge, demandez une aide psychologique, familiale ou individuelle, appropriée. C’est très souhaitable.

Agnès Sanders est médecin du travail en région parisienne.
Découvrez la vidéo complète en ligne sur cmavie.tv :
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