Mes parents sont dépressifs. Vais-je développer la maladie moi aussi ?

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Mes parents sont dépressifs. Vais-je développer la maladie moi aussi ?
En toute objectivité, on peut se montrer rassurant par rapport à ce risque. C'est vrai qu'il paraît exister des facteurs génétiques qui influencent le fonctionnement du cerveau et qui peuvent rendre une personne plus fragile face à la dépression. C’est notamment le cas pour la dépression qu'on dit bipolaire (autrefois psychose maniaco-dépressive). Dans ce cas effectivement, le risque de développer une dépression est légèrement augmenté pour une personne dont les parents proches en ont souffert.
Les troubles psychiques ne peuvent pas se limiter à une cause purement génétique. En voici trois raisons.

La dépression est une maladie fréquente puisqu'on sait que 17 % des personnes seront atteintes de dépression à un moment donné au cours de leur vie. Certes, le risque est un peu plus élevé chez des personnes dont l'histoire familiale présente des problèmes de dépression, d'alcoolisme ou de perte parentale précoce. Mais plus qu'un facteur directement héréditaire dans ces cas-là, c'est plutôt le vécu traumatique de l'enfance (absence répétée des parents ou désinvestissement affectif secondaire à la maladie) qui peut en être la cause.

Des facteurs psychologiques liés à l'histoire même de la personne, à sa souffrance vécue pendant l'enfance, agissent eux aussi. L'absence d'encouragement ou d'épanouissement entraîne une fragilisation du caractère de l'individu qui devient donc plus sensible à la dépression.

Les facteurs environnementaux jouent aussi un grand rôle comme le décès d'un être cher, une séparation, la perte d'un emploi, des problèmes financiers, une blessure, une maladie invalidante. On estime que près de la moitié des dépressions semblent être reliées à des situations stressantes. D'autres études montrent que le stress en bas âge peut prédisposer aussi au développement d'une dépression durant la vie adulte. On s'aperçoit aussi qu'aujourd'hui des gens de 30-40 ans qui sont atteints de dépression parlent de traumatismes sévères durant l'enfance, comme des problèmes d'attouchements sexuels ou pire, d'inceste.

Se prendre en main

Il est important pour vous de penser que la maladie dépressive n'est pas purement génétique, et qu'elle n'est donc pas inévitable. En effet le sujet, par son vécu mais aussi par le travail qu'il peut élaborer sur lui-même, peut renforcer sa personnalité pour le mettre à l'abri d'éléments stressants. Prendre du recul, apprendre à résoudre des problèmes qui paraissent insolubles, ne pas se laisser envahir de pensées négatives renforçant le stress intérieur sont, sans doute, des facteurs de protection pour éviter une telle maladie. Et, croyez-moi, ce programme est tout à fait réalisable !

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Sophie Guillaume est psychiatre. Responsable, Pôle psychiatrie, Jura.

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