Psychologue clinicienne : une vocation et un art

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Gisèle interviewe Lucie.
Psychologue clinicienne : une vocation et un art

Comment se définit la psychologie clinique ?

« On dit que la psychologie est clinique quand elle est une démarche de soin au chevet du patient qui vit un mal-être (phobies, angoisses, problèmes relationnels...) et qu’il consulte parce qu’il ne le supporte plus.
J’ai travaillé dans divers lieux : universités, lycées, CMP, EHPAD, réseaux de soins palliatifs, cabinet privé... »

Comment opère cette aide ?

« J’écoute, pour tenter de percevoir comment fonctionne le psychisme de la personne. Je lui traduis en mots ce que j’entends. Pour cela, j’interroge mon propre fonctionnement, ma formation théorique et mon expérience professionnelle. Le but est de l’aider à se définir pour devenir acteur de sa vie, et par là, mieux interagir avec les autres (famille, collègues, institutions…). »

Comment conciliez-vous psychologie et foi ?

« Vient toujours, en thérapie, la question du sens de la vie et de la peur de la mort. Si la personne se dit croyante, nous travaillons avecle psychologique et le spirituel. Ce n’est pas antinomique, c’est complémentaire.
Sinon, l’objectif reste d’aider le sujet à donner du sens à son histoire et à vivre son présent dans une vision positive de lui-même et de son avenir. »

Une expérience particulière que vous aimeriez partager ?

« J’interviens dans une classe-relais, dispositif national auprès de jeunes en grandes difficultés scolaires et sociales. Le défi, pour l’équipe enseignante, est de leur redonner, en quelques semaines, le goût d’apprendre ainsi qu’une meilleure image d’eux-mêmes comme élèves, en exploitant ce qu’il y a de bon en eux. »

Un événement qui vous a marquée ?

« J’ai accompagné, en soins palliatifs, une femme de 36 ans (âge de la mort de ma propre mère, décédée du même cancer quand j’avais neuf ans). Je prie habituellement avant de rencontrer mes patients, mais là, je redoutais particulièrement sa prise en charge. Étrangement, ce furent d’inoubliables moments de vraie joie et de rires partagés. Elle n’a pas survécu, mais est partie avec le sourire et la grâce particulière de ceux qui se savent aimés de Dieu. »

Une dernière réflexion ?

« Je sens la tendresse de Dieu lorsque j’approche la souffrance. Je lui demande la douceur. »


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