Dans les salles d'attente des médecins

Complet Fait de société

Le chapardage est la règle, avec un goût prononcé pour les magazines people.

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Dans les salles d'attente des médecins

Il nous est tous arrivé de nous trouver dans la salle d'attente d'un cabinet médical ou d'un dentiste. On cherche à tromper l'attente, l'anxiété, la fièvre ou l'épuisement, par la lecture d'un des magazines obligeamment déposés en tas à cet effet.

Drôle de choix

On cherche en vain le dernier numéro de son magazine préféré. Car trop souvent on tombe sur un ancien numéro, périmé depuis dix ans ! Avec en couverture la star d'alors, complètement oubliée aujourd'hui. Ou alors l'amour éternel d'Arthur pour Sylvette (pas encore Pauline ni Anastasia). Du coup on en veut à son médecin de ne pas renouveler les magazines. Mais il n'y est pour rien. Les responsables seraient en réalité les patients eux-mêmes(1).

L'enquête

Le professeur Bruce Arroll et ses collègues de l'université d'Auckland en Nouvelle-Zélande, eux aussi taraudés par cette question, ont décidé de s'atteler à ce mystère. Ils ont appelé leur recherche : « Exploration du présupposé de base aux plaintes des patients concernant l'ancienneté des magazines dans les salles d'attente des cabinets médicaux : étude de cohorte »(2).

L'expérience de nos chercheurs a eu pour cadre un cabinet médical sous le contrôle des quatre secrétaires réceptionnistes.

Les 87 magazines disponibles dans la salle d'attente furent numérotés et recensés selon plusieurs catégories :

- les journaux à gros potins (au moins dix photos de People en couverture),

- les journaux à potins (se définissant par la présence d'au moins cinq photos),

- les journaux sans potins, magazines d'information dit « sérieux » (comme le Time, The Economist, National Geographic ou BBC Histoire).

La totalité des titres avaient moins d'un an. Plus d'un sur deux avait moins de deux mois. On mélangea et on répartit le tout sur trois piles distinctes mais de même importance.

Des résultats étonnants

Un mois plus tard, près d'un magazine sur deux s'était volatilisé (41 sur 87), révélant un goût indéniable des chapardeurs pour les éditions les plus récentes et surtout pour la presse people la plus « croustillante », dont 26 numéros sur 27 avaient disparu, alors qu'aucun des magazines « sérieux » d'information n'avait été subtilisé !

« Nous avons calculé qu'un magazine à potins disparait 14,51 fois plus vite qu'un magazine d'actualité », précisent les auteurs(3). En moyenne les pertes s'élevaient à 1,32 journal par jour. Ce qui ferait, par mois, à près de 4 euros le numéro, un préjudice de 16 millions d'euros pour les médecins du Royaume-Uni.

Une solution ?

À moins de changer le coeur humain, il n'y aurait qu'une seule solution envisageable pour pallier ce genre d'incivilité : ne proposer que The Economist et le Times.

Médecins, privilégiez donc Le Monde diplomatique. Une excellente méthode pour éduquer vos patients tout en gardant vos magazines.

Une idée en passant : allez donc chez votre médecin avec un Croire et Vivre et demandez-lui la permission de pouvoir le déposer en salle d'attente.

 

Auteurs
José LONCKE

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1.
Justine Knapp, Metronews, 12 décembre 2014.
2.
Édition de Noël du British Medical Journal.
3.
Pauline Fréour, Figaro, 18 décembre 2014, p. 11.

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