Faut-il dire la vérité au patient et à sa famille ?

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N’oublions jamais que malades et médecins sont des êtres humains avant tout.

Faut-il dire la vérité au patient et à sa famille ?

Qu’est-ce que la vérité en médecine ? Et comment dire la gravité de telle ou telle maladie ?

Faut-il dire à un patient qu’il va perdre toutes ses facultés intellectuelles ? Ou que, selon les statistiques, il a environ 10 % de chances d’être encore vivant dans cinq ans ? Avouées ou secrètes, ces questions sont toujours au cœur de l’annonce d’une maladie grave.

Se donner du temps

Le médecin doit sentir ce que souhaite le malade. Ce qu’il est capable d’encaisser ou non. Tous les malades ne sont pas capables d’entendre la même chose au même moment. Certains veulent absolument tout savoir, d’autres ne posent aucune question ou restent ambivalents. Les réactions sont également très diverses : colère du malade suite à une annonce qu’il juge trop brutale, reproche au médecin qui a trop tourné autour du pot, regret du diagnostic...

Aujourd’hui, une très large majorité de médecins estime que, si le malade le souhaite et peut le supporter, il est toujours préférable de lui dire la vérité et de nommer sa maladie. N’étant plus tourmenté par le doute, cette vérité pourra d’ailleurs le soulager.

S’adapter et s’exprimer simplement

Le médecin doit chercher à s’adapter au mieux à la personnalité du malade et à ses désirs, il tentera de se maintenir au plus près de la vérité sans pour autant supprimer tout espoir.

Il est également important d’inscrire l’annonce dans un projet thérapeutique précis qu’il convient d’expliquer avec des mots accessibles, pratiques et clairs, tout en restant honnête quant aux aléas du traitement ou du pronostic.

Écouter et susciter la confiance

L’annonce est avant tout le moment pour instaurer une relation de confiance basée sur l’écoute du patient, ses attentes, ses angoisses. L’évolution du malade va être semée d’embûches que ni le médecin, ni le malade ne connaissent mais qui vont immanquablement survenir.

Il est important que le malade perçoive d’emblée que ce n’est pas lui mentir que de ne pas lui tracer tout le chemin qu’il aura à parcourir. La demande du malade se situe davantage dans l’attente d’une « relation dans la vérité » que d’une « vérité médicale ».

Humilité et vraie empathie

Il est important que le médecin reste humble et puisse dire « je ne sais pas ». Il doit savoir qu’il ne fait qu’accompagner le malade et ses proches.

Pour moi, la règle d’or est d’instaurer et de maintenir une relation de confiance avec eux tout au long de la maladie. L’empathie, la bienveillance et la douceur animées par un amour authentique pour son prochain sont, au fond, les éléments essentiels de cet accompagnement.

La loi en France

La dernière loi hospitalière du 4 mars 2002 dit : « Toute personne a le droit d’être informée de son état de santé... Cette information incombe à tout professionnel de santé... [elle] est délivrée au cours d’un entretien individuel... ». À l’inverse « La volonté d’une personne d’être tenue dans l’ignorance d’un diagnostic ou d’un pronostic doit être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission ».

Le décret de 1995 précise : « Lorsqu’un médecin juge qu’il doit taire à son malade une vérité alarmante, il lui est recommandé de confier ses inquiétudes à un membre de la famille en raison des dispositions à prendre par l’entourage et pour amorcer le processus de deuil. L’information donnée doit concerner la mort prochaine, pas nécessairement sa cause exacte qui reste couverte par le secret médical ».

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