Wouah, c’est Jésus !

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Monique avait choisi le suicide car personne ne pouvait répondre à ses questions.
Wouah, c’est Jésus !
J’ai grandi dans la tradition catholique, avec un père qui avait un profond respect pour Dieu, restant fidèlement attaché à ce qu’on lui avait enseigné. Quant à ma mère, je n’ai jamais su si sa foi était personnelle ou si sa dévotion n’était qu’un reflet de celle de son compagnon.

Solitude

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vivement ressenti que l’être humain est profondément seul, dans un univers immense et terrifiant. Et je savais que personne ne pourrait m’aimer comme je voudrais, c’est-à-dire parfaitement.
Avec de telles convictions, alimentées par une grande solitude, j’ai mis tout en œuvre pour me protéger le mieux possible. Ma devise était : « Vous ne voulez rien me donner ? Ok, vous n’aurez rien de moi ! »
Dieu était pour moi incroyablement lointain, totalement inaccessible. Il était celui qui punit la moindre faute, le plus petit écart.
À l’adolescence, j’ai pris de la distance jusqu’à abandonner toute croyance et toute pratique religieuse. La vie ne m’a pas épargnée. J’avais de plus en plus de difficultés à vivre. À l’issue d’une longue psychothérapie, j’ai eu la conviction que personne ne pouvait m’aider, pas même les meilleurs spécialistes du monde.

La vie m’était devenue insupportable

Je n’avais pas demandé à venir dans ce monde, c’était un cadeau empoisonné. Puisque la vie ne voulait pas de moi, j’ai pris la décision d’en finir.
J’ai mûri secrètement ce projet pour mes filles et moi durant de longs mois. Il était évident en effet que je n’allais pas abandonner mes enfants dans cette vie dont je ne voulais plus pour moi-même. Un après-midi, alors que je réfléchissais au moyen d’en finir, une pensée a surgi en moi : « Dieu, si tu existes, toi seul peux me sortir de là. » La pensée est partie aussi rapidement qu’elle était apparue.

La question qui va tout chambouler

Marjorie, ma fille aînée fréquentait à l’époque un centre aéré de l’Armée du Salut. Un jour, elle me pose cette question : « Maman, sais-tu ce qu’est le tabernacle ? » Comme je ne parlais jamais « religion » à mes filles, je me demande d’où peut bien sortir cette question… Je lui parle alors de la petite boîte dans laquelle on met les hosties à l’église catholique, mais Marjorie, elle, me raconte une histoire de la Bible qui n’a rien à voir.
Sans tarder, je demande un rendez-vous avec la Major de l’Armée du Salut responsable du centre aéré. Je veux savoir ce qu’elle dit, car il est hors de question que des étrangers s’incrustent dans l’éducation de mes enfants et leur racontent des « mensonges ».
J’entends alors parler d’un Jésus qui m’est totalement inconnu. Je me rends compte que ce Jésus occupe la vie de cette femme 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Cette femme n’a pourtant rien d’une nonne dans un couvent. Elle semble tout à fait normale, dans une vie normale. Sa foi me bluffe ; je m’interroge…
J’ai un désir vital de connaître La vérité ! Mais je sais bien que personne ne la possède.

Ils sont fous ces chrétiens !

À plusieurs reprises, la Major me propose de prier pour moi… mais je ne veux pas de sa prière. Elle persévère tellement qu’au bout d’un certain temps, j’accepte en me disant que je ne risque rien et qu’elle me lâchera une fois satisfaite. Je me retrouve donc quelques jours plus tard dans son appartement, avec en prime un pasteur. Debout, au milieu du salon, les yeux fermés, ils s’adressent tous deux à Dieu librement. Moi aussi, je suis debout, mais c’est les yeux grands ouverts que j’assiste, ironique, à la scène. Je ne perds pas une miette de ce qui se passe… jusqu’à ce que le fameux pasteur prie : « Seigneur, que Monique ne quitte pas cette pièce sans avoir eu la preuve de ton existence ! » Pour moi, ils sont complètement fous car personne ne peut donner la preuve de l’existence de Dieu ! Mais le « fou pasteur » ne se doute de rien et il continue sa prière.

Révélations

C’est alors qu’il parle de mon désir de mourir et qu’il dévoile la raison principale de mon mal-être. Il mentionne aussi dans sa prière cette pensée furtive d’autrefois : « Dieu, si tu existes, toi seul peux me sortir de là. » Pourtant, je n’avais parlé de cela à personne ! À l’instant précis de toutes ces révélations, j’ai la conviction profonde, réelle, indélébile que Dieu existe.
Quand ils ont dit « Amen ! » je me suis enfuie en courant, ne comprenant rien à ce qui se passait. Que m’avaient donc fait ces chrétiens ?

Capitulation

Un temps de combat a suivi. J’avais la sensation physique qu’on se disputait ma personne. J’ai vécu des temps très agités, douloureux. J’ai capitulé le 11 avril 1993. En ce dimanche de Pâques, la résurrection du Christ a enfin pris vie en moi, je lui ai donné toute ma vie.
Savoir que je ne serai plus jamais seule au monde quoi qu’il arrive et où que je sois… avoir la certitude que le Dieu Tout-Puissant me connaît parfaitement, mieux que moi-même… Tout cela me comble de joie, de paix, de reconnaissance. Je sais ainsi qu’il me comprend parfaitement. Donc, il m’aime parfaitement. C’est une révélation extraordinaire, incroyable, folle. Et pourtant, c’est vrai !

Hier et aujourd’hui

Le directeur du Foyer où je travaillais depuis 33 ans m’a convoquée. Lui et la sous-directrice voulaient comprendre pourquoi j’avais tellement changé. Ma réponse fut : « Wouah, c’est Jésus ! »
Dieu a accompli dans ma vie des délivrances, des guérisons, une reconstruction que personne ne pouvait faire. Il a fallu beaucoup de temps, bien des larmes et des combats, mais ce n’est rien en comparaison des ténèbres où j’étais enfermée.
Où serions-nous aujourd’hui, mes enfants et moi, si Dieu n’était pas intervenu ? J’aime proclamer ce que Dieu a fait et fait encore dans ma vie, dans nos vies. Sans rester nullement dans le passé, je ne veux pas oublier qui j’étais avant ma conversion car je ne veux pas minimiser l’amour, la puissance, la grandeur, la délivrance de mon Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Pour moi, pour nous.

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