Vous étiez morts… mais Dieu…

Extrait
Note : 40
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Cette prédication (1) d’Olivier Keshavjee trouve parfaitement sa place dans ce numéro spécial « Que dire ? Et comment le dire ? ». On appréciera en effet la richesse du contenu, l’originalité des métaphores et la fraîcheur du ton ; tout cela pour « dire » le salut en Christ aux hommes et femmes d’aujourd’hui.

Vous étiez morts… mais Dieu…

1  Quant à vous, vous étiez morts à cause de vos transgressions et de vos péchés. 2  Vous marchiez autrefois selon le train de ce monde, conformément au prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui est actuellement à l’œuvre parmi les fils de la rébellion. 3  Nous tous aussi, nous étions de leur nombre : notre conduite était dictée par les désirs de la chair, puisque nous accomplissions les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions, par notre nature même, destinés à la colère, tout comme les autres.

4  Mais Dieu est riche en compassion. A cause du grand amour dont il nous a aimés, 5  nous qui étions morts en raison de nos transgressions, il nous a rendus à la vie avec Christ — c’est par grâce que vous êtes sauvés —, 6  il nous a ressuscités et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. 7  Il a fait cela afin de montrer dans les temps à venir l’infinie richesse de sa grâce par la bonté qu’il a manifestée envers nous en Jésus-Christ.

8  En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. 9  Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. 10  En réalité, c’est lui qui nous a faits; nous avons été créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions.

Éphésiens 2, 1-10

Introduction

Excusez-moi, je suis un peu essoufflé ! Parce que Je viens de traverser une ville où tout le monde courait…

Ah J’peux pas vous dire laquelle… je l’ai traversée en courant.

Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement, mais quand j’ai vu que tout le monde courait… je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

Alors à un moment je courais au coude à coude avec un monsieur…

Je lui dis : - « Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ? »

Il me dit : - « Parce qu’ils le sont ! »;

Il me dit : - « Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ? »

Je lui dis : - « Si, si, des bruits ont couru ! »

Il me dit : - « Ils courent toujours ! »

Je lui dis : - « Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ? »

Il me dit : - « Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte ! »

Je lui dis : - « Mais pourquoi courent-ils si vite ? »

Il me dit : - «  Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent ! »

Je lui dis : - « Mais où courent-ils ? »

Il me dit : - « À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre ! »

Je lui dis : - « Et le reste du temps ? »

Il me dit : - « Ils courent faire leurs courses… au marché ! »

(Raymond Devos, Où courent-ils ? )

Voilà la condition humaine d’après Raymond Devos : on court dans tous les sens, comme des fous, sans savoir pourquoi, et on court à notre perte. Ce constat n’est pas très différent de celui de Paul dans ce texte : « Vous marchiez autrefois selon le train de ce monde » (v. 2). Paul parle de « marcher », mais l’idée est similaire, on va le voir.

Au chapitre précédent, Paul est remonté dans le temps jusqu’à avant la fondation du monde, pour parler du moment où Dieu nous avait choisis dans son amour pour que nous soyons ses enfants (1, 4-5). Il est ensuite remonté un peu moins loin dans le temps, pour parler de la mort et de la résurrection de Jésus (1, 7.19-20). Il remonte maintenant dans le temps, mais encore un peu moins loin, pour dire : « regardez ce que vous étiez autrefois. »

C’est important de se souvenir de ce que nous étions autrefois, parce que la reconnaissance est le moteur de notre amour. Souvenez-vous cette femme qui choque le pharisien chez qui Jésus mangeait, en mouillant les pieds de Jésus par ses larmes et en les essuyant avec ses cheveux. Et Jésus d’expliquer que celle à qui on a pardonné beaucoup aime beaucoup (Lc 7, 36-50).

Mais remarquez, Paul ne dit pas de se comparer aux autres . Il aurait pu dire : « Regardez les autres, ces enfants de la colère qui marchent dans la perdition. » C’est facile de se comparer aux autres, et de voir qu’on est meilleur qu’eux. Forcément, je suis meilleur que « les autres » ! Le texte dit : « regardez ce que vous étiez. » Non pas moi par rapport à eux , mais moi par rapport à moi avant . Pour voir ce que Dieu a fait dans ma vie.

C’est ce que nous allons voir maintenant :

  1. Ce que nous étions autrefois
  2. Ce que nous sommes aujourd’hui

...

1. Prédication délivrée par Olivier Keshavjee dans la paroisse de Corsier-Corseaux, le 3 avril 2016, sur Éphésiens 2, 1-10. L'approche du texte a été inspirée en partie par une prédication du pasteur presbytérien new-yorkais Tim Keller, Alive With Christ , 30 octobre 2011.

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