Hommage à une presque centenaire

publié le 27 November 2014 à 20h43 par Georges MARY

Je suis triste, déçu, meurtri aussi...

Comment me rappeler exactement notre première rencontre ? Elle s’en souvenait beaucoup mieux que moi. 

Hommage à une presque centenaireC’était il y a plus de vingt ans...

à l’occasion de l’inauguration de notre nouveau lieu de culte. Elle se trouvait là un peu par hasard, au milieu des curieux.

Comment s’est-il fait que cette dame qui disait volontiers que les bondieuseries ne l’intéressaient pas, se soit nouée d’amitié avec moi le pasteur ? Je ne sais pas.

Toujours est-il qu’une relation d’amitié et de profond respect s’est progressivement nouée entre nous.

Avec son petit air de titi parisien, cette femme a révélé au fil du temps un esprit de service extraordinaire…  Malgré son grand âge, elle savait se rendre utile, sans jamais maugréer, toujours avec un certain humour même si on la sentait un peu détachée de la vie, triste, désabusée …

Sans doute sa longue vie lui avait-elle fait perdre pas mal d’illusions. 

J’ai été bien triste quand...

son grand âge l’a décidée à rejoindre les siens, loin de nous. Il nous a fallu nous faire une raison : elle avait fait le bon choix. C’était bien mieux pour elle que la maison de retraite de son quartier. Mon épouse et moi avons eu du reste l’occasion de lui rendre visite à chaque fois que le chemin de nos vacances passait non loin de chez elle. Quelle joie de la revoir !

Et puis, il y avait son coup de fil annuel, le jour de mon anniversaire. Devenue presque sourde mais toujours avec toute sa tête, elle ne manquait jamais ce jour. L’occasion aussi pour elle de demander des nouvelles de tous ceux qu’elle avait connus autrefois. Quelle fidélité exemplaire ! 

Ma promesse

Tout naturellement, elle m’avait fait promettre de « faire une petite prière » (c’était son expression) le jour où elle s’en irait, pour l’accompagner en sa dernière demeure. Je le lui avais promis, bien sûr. J'y tenais. Un devoir sacré pour moi. 

Que dire...

alors que je viens d’apprendre fortuitement son décès survenu il y a quelques semaines ? 

Je suis triste d’avoir perdu une amie.

Je suis meurtri qu’on m’ait volé ma promesse en ne me prévenant pas. 

Je suis aussi meurtri, je dois le reconnaître, que ses dernières volontés n’aient pas été respectées par ses proches.

 

Que dire de plus ?

- Que Dieu connaît les cœurs et qu’il fait grâce. 

Mais aussi 

"Merci mon Dieu de me l'avoir fait connaître"

Je crois bien que cette dame restera dans ma mémoire et dans mon coeur jusqu'à la fin de mes jours.

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