5 janvier 1966. Nouvelle version œcuménique en français du Notre Père.

publié le 5 January 2021 à 00h01 par José LONCKE

5 janvier 1966. Nouvelle version œcuménique en français du Notre Père.

La traduction adoptée est la suivante:

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.

5 janvier 1966. Nouvelle version œcuménique en français du Notre Père.

Les modifications
Pour les catholiques, les modifications du nouveau texte, par rapport au texte usuel, se ramènent à quatre mots, une lettre et une option stylistique.

QUATRE MOTS
1."Que ton règne vienne" (au lieu de "Que votre règne arrive"). Le mot "venir" est le terme constant de la Bible pour désigner l'avènement personnel du Seigneur et son règne ("Celui qui vient" est une expression messianique). Il est préférable au verbe "arriver" qui désigne souvent un événement impersonnel et occasionnel souvent inattendu.
2."Le pain de ce jour" (au lieu de "notre pain de chaque jour"). L'adjectif grec qui est traduit ici par "de ce jour" est un mot très rare caractérisant le temps qui court ou qui va suivre immédiatement. Le sens n'est pas d'abord distributif, comme dans "quotidien" ou "de chaque jour", mais nous demandons à Dieu la nourriture (temporelle, mais aussi spirituelle) qui subvienne aux besoins présents ou imminents, nous confiant à lui pour le reste.
3."Comme nous pardonnons aussi" (au lieu de "comme nous pardonnons"). Le "aussi" est utile pour faire comprendre le vrai sens du "comme": ce n'est pas "parce que" nous pardonnons que nous attendons le pardon de Dieu; c'est à l'image de Dieu, qui est le pardon même, que nous devons pardonner, nous "aussi".
4."Et ne nous soumets pas à la tentation". Les versions françaises anciennes comportaient toutes "et ne nous induis pas en tentation". Le mot induire étant devenu rare et difficile, des divergences se sont introduites. La variante "ne nous laisse pas succomber à la tentation" est particulièrement défectueuse. Elle laisse à penser que la tentation n'est qu'un mal moral auquel il faut résister. Or, la tentation biblique est aussi une mise à l'épreuve voulue par Dieu. Nous le prions donc de ne pas nous placer dans une situation telle que notre fidélité envers lui soit en péril – ce qui implique de nous garder de tout péché.


UNE LETTRE
"Mais délivre-nous du Mal". La majuscule du mot Mal veut exprimer qu'il ne s'agit pas seulement ici du péché, mais aussi de celui qui est derrière le péché, l'adversaire personnel du règne de Dieu, Satan, le "Malin" ou le "Mauvais".


UNE OPTION STYLISTIQUE: le tutoiement
Le tutoiement fut d'usage commun dans le Notre Père en français jusqu'au XVIIe siècle. Il a été conservé par les protestants. Les versions bibliques le maintiennent. Il a été adopté pour la prière du notre Père en français.

Commentaires

joyce

05 January 2015, à 18:39

très intérressant..
nous nous endormirons pas bête ! =)

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