Situation actuelle du ministère pastoral

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Le texte qui suit a été prononcé lors d’une récente réunion de représentants de Facultés et d’Instituts Bibliques évangéliques francophones. Il a été publié dans les Cahiers de l’Institut Biblique de Nogent, janvier 2003, n° 118.

Situation actuelle du ministère pastoral

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Quelques pistes à creuser

Sans savoir de quelle manière exactement, il me semble qu’il faudrait essayer de consolider l’image du ministère. Contrairement à ce que peuvent penser de « vieux » évangéliques, rien ne va aujourd’hui plus de soi. Comment lutter contre cette image brouillée et, assez souvent, dévalorisée ? Une possibilité serait sans doute de donner, au sein des unions, des règles du jeu plus précises, des textes qui décrivent le ministère pastoral et qui puissent être lus par les pasteurs, les conseils et les membres d’Église. Il permettrait ainsi d’avoir recours à une référence commune qui pourrait clarifier les situations. Il ne faut pas se faire d’illusions sur l’efficacité ni sur la possibilité de généralisation d’une telle démarche, mais il me semble qu’elle va dans le bon sens. Mieux faire comprendre donc « à quoi sert un pasteur », qui est ministre de la Parole avant d’être psychologue, déménageur, etc. Bien des Églises ne sont guère intéressées par un enseignement solide et attendent du pasteur qu’il soit un administrateur discret et dynamique. Elles se contentent parfois, en fait d’enseignement, de la simple répétition illustrée des grandes lignes de la doctrine. Redonner aux Églises le goût de la Parole dans toute sa richesse et de la vie spirituelle peut aider à mieux comprendre le besoin d’un ministère d’enseignant et de « berger ».

Peut-être, dans ce sens faut-il travailler aussi à l’évolution de la fonction pastorale. L’ancienne manière d’envisager les choses ne fonctionne plus guère. Vouloir se contenter de la restaurer est sans doute une entreprise vouée à l’échec. Sans doute faut-il être attentif à la réalité des besoins, qu’il faut distinguer de la demande effective. Quel est le type de pasteur qui correspond à la fois à ce qui fait l’identité fondamentale et biblique du ministère pastoral et aux diverses manières dont, dans nos Églises, il peut être vécu ? Les évolutions se font de manière anarchique et souvent douloureuse. J’espère, mais je ne suis pas sûr, que nous avons les moyens de mener à bien efficacement ce travail. Il peut être partiellement conduit par les institutions de formation, mais il reste essentiellement du rôle des Églises.

On doit également prendre en compte la possibilité, pour certains, d’exercer un ministère pastoral à temps partiel, ou pour une partie de leur vie seulement. La réalité des vocations actuelles et les problèmes financiers de beaucoup de communautés poussent dans ce sens. La question restera, dans les deux cas, de proposer des formations adaptées, qui puissent leur permettre de ne pas se sentir des pasteurs « au rabais » et qui assure le maintien de la qualité de l’enseignement dans les Églises dont ils auront la charge.

 - Toutes les unions consultées semblent convaincues de la nécessité impérieuse de l’accompagnement des pasteurs. Des jeunes bien sûr, mais pas seulement. En revanche, aucune ne semble, pour l’instant, avoir trouvé la solution définitive. On peut invoquer le manque de disponibilité des personnes capables, le fait que cette démarche n’est pas encore naturelle et sans doute la crainte que quelqu’un vienne mettre son nez dans notre manière d’exercer le ministère. Il y a d’ailleurs sans doute une tension entre la demande de beaucoup, au niveau du principe, et ce qu’ils sont effectivement capables d’accepter comme mise en œuvre.

Une évolution nécessaire

Nous nous trouvons actuellement dans une période délicate. L’image classique du pasteur a vécu et ne correspond plus que rarement à la réalité. Reste qu’aucune solution de rechange n’est encore trouvée et que les adaptations se font un peu dans tous les sens. On peut faire confiance à la vitalité des Églises pour trouver à terme des solutions, mais cela n’enlève en rien le caractère inconfortable de la situation actuelle. Il est cependant probable qu’aucune solution ne pourra être trouvée dans un proche avenir, étant donné l’éclatement confessionnel du monde évangélique et le fort congrégationalisme qui règne. Aucune nouvelle vision ne peut donc être imposée et la capacité des unions de travailler dans ce sens est réelle, mais limitée. Il semble donc que les institutions de formations doivent prendre en compte cette situation, à la fois pour préparer les pasteurs à affronter la réalité (ne serait-ce qu’en leur faisant prendre conscience de cette pluralité d’images pastorales qu’ils rencontreront dans leurs Églises) et pour aider les Églises, autant qu’il est possible, à avancer dans une réflexion sur les ministères et le ministère pastoral, d’une manière à la fois adaptée et fidèle aux fondements bibliques.

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