À première vue, le fact-checking* (la vérification des faits) semble être le rempart idéal. Des experts analysent le vrai du faux et nous livrent le résultat. Pourtant, cet outil a ses propres limites, et parfois, ses propres dérives. Le fact-checking* n’est pas une science exacte ; il est pratiqué par des humains qui ont leurs propres biais.
Debunker les « debunkers* »
La vérification des fake news et le fact-checking* étaient devenus à la mode au milieu des années 2010, et de nombreuses rédactions se sont emparées de cela. La tendance a été remise en question, notamment par les GAFAM* (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui s’étaient pourtant empressés de mettre des outils de vérification en place. Sous la pression politique et par crainte d’être accusées de censure, de grandes plateformes comme Meta (Facebook) ou X ont réduit leurs budgets alloués au fact-checking* et assoupli leurs règles de modération. Ce désengagement a été accentué par le retour de Donald Trump au pouvoir, qui a validé une stratégie de « laisser-faire » des plateformes face à des pressions dénonçant une prétendue police de la pensée. De plus, soyons réalistes, ce revirement est aussi en partie un aveu d’échec. Tous ces outils n’ont pas aussi bien fonctionné qu’on aurait pu le penser. Et bien des fois les supposées vérifications ne se basaient pas sur les faits uniquement, mais laissaient aussi transparaître la couleur ou l’orientation politique de ceux qui les rédigeaient.
Ainsi, ces articles de fact-checking* affirmaient qu’une certaine information était fausse, alors que celle-ci relevait d’une opinion (certes parfois contestable), mais pas nécessairement de faits facilement réfutables. La réalité est souvent plus nuancée. Parfois, c’est le titre de l’article de vérification lui-même qui induit en erreur à cause de sa concision ou de sa volonté d’être accrocheur ; tandis que le texte en lui-même est irréprochable.
Exemple 1 : Un titre de presse titrant « Faux : ce candidat n’a pas détourné 10 millions d’euros » alors que l’article précise qu’il en a détourné 8,5 millions. Techniquement, le chiffre du titre est faux, mais le démenti donne l’impression d’une innocence totale, ce qui peut ressembler à une manipulation par omission.
Exemple 2 : Un cas d’école particulièrement révélateur ...