Nous avons exploré les rouages de la contrefaçon, analysé les impasses du fact-checking* et plongé dans les racines théologiques du mensonge. Mais une question demeure, souvent douloureuse : que faire lorsque le « brouillard » s’installe entre nous et ceux que nous aimons ? Comment réagir quand un ami proche, un voisin ou un frère en Christ s’englue dans des récits qui nous semblent absurdes ou dangereux ?
La tentation est grande de brandir nos preuves comme des armes. Pourtant, dans le royaume de la relation, l’explosion de faits fonctionne rarement ; c’est l’infusion de la vérité qui porte du fruit. Pour le Veilleur, la lutte contre les fake news n’est pas une guerre contre les personnes, mais un service rendu à la communauté pour préserver le lien fraternel. Avant d’ouvrir le débat, il nous faut donc réapprendre l’art de la main tendue.
Pourquoi les fake news marchent-elles autant ?
Il est important de le souligner d’emblée : le succès des fake news ne repose pas sur une absence d’intelligence, de culture ou d’éducation, mais sur des mécanismes profonds. Elles offrent des réponses simples à un monde perçu comme complexe et menaçant. Elles calment l’anxiété en désignant des coupables clairs. C’est le règne du « Ils » au pluriel : le club Bilderberg, les membres du World Economic Forum, Bill Gates, George Soros, les GAFAM*, les puissances étrangères, les puissants, les migrants, les riches…
Posséder une information exclusive ou « cachée » renforce le sentiment d’appartenir à une communauté de personnes éveillées, un cercle restreint d’élus qui « savent », par opposition à la masse qui serait trompée. La manœuvre est subtile, car il existe de vrais mensonges et de vrais complots dans ce monde ; il y a des gens qui se battent réellement pour la vérité et qui sont poursuivis, bâillonnés, emprisonnés et parfois même tués pour cela, ce qui rend la confusion plus facile.
Ce qui fait fonctionner la machine de la fausse nouvelle, ...