Accompagner et servir les vivants

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Gisèle interviewe Louis-Bernard Bouzerand, un responsable de service funéraire.
Accompagner et servir les vivants

« Personne ne fait des études pour devenir croque-mort »

« C’est par cette boutade que Louis-Bernard se présente. “Et pourtant, une formation très complète en matière technique, commerciale, juridique et psychologique est requise pour acquérir l’habilitation à entrer dans un service funéraire”. Il poursuit : “Des obsèques de mon père j’ai gardé le souvenir des usages commerciaux. Dix ans plus tard, j’ai voulu développer la notion de service appliqué aux funérailles”.
À la faveur d’un tournant professionnel, en 2011, poursuit Louis-Bernard, j’ai d’abord intégré une structure connue qui a pris en charge ma formation. En parallèle, j’ai préparé un diplôme universitaire, le DU d’accompagnement au deuil. »

Comment avez-vous franchi le pas vers la création de votre entreprise ?

« J’ai démissionné pour démarrer une petite société avec deux entités, l’une Direct Obsèques qui s’adresse à tout un chacun et l’autre, Service Funéraire Protestant-Évangélique (SFPE), qui vise plus particulièrement ce public.
Marié, avec encore quatre enfants à charge, je doisavouer que c’est par la foi que j’ai créé cette double structure, sans savoir comment je finirais le mois. »

Et parmi vos expériences marquantes ?

« À mes débuts, une jeune femme de 25 ans, en rupture de tout, vient me trouver pour les obsèques de son père. Elle ne souhaite surtout pas d’Église. Un mois plus tard, elle me rappelle pour sa mère qui vient aussi de décéder. Cette fois-là, j’ai pu annoncer l’espérance de l’Évangile au cimetière devant 150 personnes. Avec mon épouse, nous avons poursuivi un accompagnement de fond pour elle et sa sœur dans les semaines qui ont suivi. »

Que souhaitez-vous transmettre aux familles endeuillées ?

« Le parcours des funérailles protestantes se déroule comme suit : après la levée du corps on conduit le défunt au cimetière ou au crématorium. Dans un deuxième temps, s’organise la cérémonie d’adieu. C’est plus serein pour les familles. On traite d’abord l’émotionnel, puis la compassion dans l’assemblée et la consolation par la parole de Dieu. »

Une cérémonie qui a manifesté cette espérance ?

« La façon de se séparer du corps du défunt est un acte culturel. La vraie religion est de visiter les veuves et les orphelins et de semer l’espérance.
Je me souviens avec émotion du culte à l’occasion du décès d’un pasteur. C’est un petit sachet de blé distribué à l’assemblée qui a illustré la parole de Jésus : « Le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul. Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains. »*

* Jean 12.24

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