Tupperware, la fin d’une histoire ?

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La réunion Tupperware semble avoir dit son dernier mot. Depuis un certain temps déjà, la légendaire entreprise américaine de boîtes en plastique est dans une situation délicate. C’est la fin annoncée d’un long règne de 77 ans.

Des boîtes en plastique Tupperware

Tupperware a pourtant démarré dans la gloire. En 1937, le chimiste Earl Tupper a l’idée d’utiliser les chutes de polyéthylène de son usine pour fabriquer des objets en plastique.
Il parvient à concevoir un joint étanche à l’air pour ses récipients de stockage. Il pouvait ainsi aider les familles touchées par la guerre à économiser de l’argent sur le gaspillage alimentaire coûteux. Ses boîtes, réputées incassables, ont révolutionné la façon dont on conserve, sert et prépare les aliments (1).

Une nouvelle technique de vente

Mais rien n’aurait été possible sans Brownie Wise, la commerciale marketing, qui a décuplé la force de vente de la marque en organisant la vente à domicile et en ajoutant un puissant système de commission : pour chaque transaction de Tupperware, les maîtresses de maison touchent un pourcentage. Et les meilleures vendeuses se voient offrir des voyages et des cadeaux. Une méthode redoutable qui a permis à la marque de s’immiscer dans les foyers. Jusqu’à 4.000 réunions par jour en 1978.
Au cours des années 1970, le développement des réunions Tupperware a donné lieu à la formation de cercles de sociabilité entre femmes. Elles n’ont pas été sans incidence sur le déroulement de certaines trajectoires de femmes.

Les difficultés

Aujourd’hui, la marque est en danger. En cause, l’entreprise qui n’a pas su prendre le virage du numérique et innover suffisamment face à l’entrée sur le marché de marques à bas prix. D’une part, elle a connu une baisse du nombre de ses vendeurs indépendants.
D’autre part, elle a subi une perte d’aura auprès des jeunes urbains de moins de 35 ans. À l’heure des réseaux sociaux et de l’explosion du commerce en ligne, il est difficile de conquérir les jeunes par le biais de la vente en réunion entre amis. Et c’est sans compter l’image même du produit qui se dégrade. Du fait de la poussée de la sensibilité écologique, les clients s’en détournent pour des produits en verre, jugés moins polluants.
À l’heure où la pollution plastique est omniprésente dans les océans (24.400 milliards de particules de micro plastiques y flotteraient à sa surface), il est loin le temps où l’on pouvait faire rimer eau claire et Tupperware : comme dans ce chant d’amour promotionnel (1970) : « Que faut-il pour que soit légère la vie sur cette Terre ? Un amour et un peu d’eau claire et quelques Tupperware (2). »
Il est temps de mettre en boîte hermétique certaines de nos idées reçues et notre ancienne manière de vivre.

Auteurs
José LONCKE

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Informations complémentaires



(1) La Croix, Guilhem Bernes, article du 14 avril 2023.
(2) Jean-Pierre et Nathalie, Amour, eau claire et Tupperware, vers 1970. France Info, 30 avril 2023.


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