J’aimerais ressembler à Mère Teresa

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J’aimerais ressembler à Mère Teresa

Je suis pasteur. N’allez pas penser que cela rend plus facile ma relation aux pauvres. Il n’en est rien. Qui frappe à ma porte ? Je n’attends personne. Qui a encore besoin de moi ? Qui me demande ce qui est hors de mes possibilités ?

La tentation de l’escargot

Je lutte pour ne pas me recroqueviller au fond de ma coquille. Pourtant j’aimerais ressembler à Mère Teresa ou à sœur Emmanuelle, être comme Saint-Vincent de Paul... Mais je ne suis que moi et la pauvreté qui vient vers moi m’effraie, me renvoie à mes incapacités. J’ai peur de ce qui me sera demandé. Ah, si j’avais des ressources abondantes ! Ah, si je pouvais donner à celui-ci et à celui-là qui me demandent, ce serait plus facile... parce que ça ne me coûterait rien ! J’aurais le beau rôle, la bonne conscience.

Toujours des pauvres avec vous

Un jour, une femme est venue verser un parfum très coûteux sur Jésus. Ses disciples n’ont pas compris : pour eux, c’était du gaspillage. Il aurait été plus judicieux de vendre le parfum pour financer une action sociale. Mais pour Jésus, cette femme a accompli un geste prophétique à son égard. Il l’a respecté. C’est alors qu’il dit à ses disciples : « Vous aurez toujours des pauvres avec vous. »

Donner ou accueillir ?

Aujourd’hui encore, on associe naturellement les disciples de Jésus à l’idée de générosité et de disponibilité. C’est sans doute pour cela que les personnes dans le besoin les sollicitent souvent. Cela ne rend pas pour autant leur générosité plus facile. Accueillir les pauvres est un défi permanent car il ne s’agit pas d’accomplir des gestes de charité pour se donner bonne conscience, mais, comme Jésus, d’aspirer à des relations vraies, celles qui s’intéressent à la justice, qui portent le souci des petits, de leur respect, de leur parole.

Donner ou se donner ?

Quand je n’ai rien, je peux encore donner un peu de moi-même : un peu de mon temps, de ma disponibilité, de mon amitié, un regard. Pour qu’une authentique rencontre se tisse, il faut éprouver une certaine pauvreté en soi-même afin de ne pas accueillir juché sur un piédestal de donateur, ne jamais réduire l’autre à sa situation marginale. Dès qu’il a un nom pour moi et qu’il m’a raconté son histoire, il n’est plus alors un « pauvre ». Il est monsieur ou madame Untel.

Changer de regard

La société colle diverses étiquettes sur les gens. Moi, j’ai vocation à affirmer la dignité de chacun. C’est peut-être cela que Jésus a fait de plus essentiel : considérer tout être, sans aucune exception, comme précieux au regard de Dieu. La justice commence dans notre regard.

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