L’eau. Source de vie, danger, soif, promesse...

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Les humains ont toujours eu un rapport ambigu avec l’eau. La Bible en témoigne et nous interpelle.

L’eau. Source de vie, danger, soif, promesse...

Aux temps primitifs, les hommes pensaient généralement que la terre était entièrement entourée par les eaux.

Quant aux premières lignes de la Bible, elles évoquent le commencement de la création avec ces quelques mots : « Le souffle de Dieu se tenait (ou planait) au-dessus de l’eau. » Elles décrivent ensuite l’intervention de Dieu qui commence par séparer la lumière de l’obscurité pour faire la nuit et le jour. Il sépare ensuite les eaux d’en haut de celles d’en dessous pour concevoir le ciel et la terre. Ensuite, il rassemble les eaux en un endroit pour faire émerger le sec : la terre.

Nous voyons ainsi Dieu aménager sa création en mettant des limites, en différenciant. Les premières lignes de la Bible semblent nous dire : attention, sans séparation, on court le risque de revenir au tohu-bohu*.

Eau, source de vie

L’eau donne la vie. Nous le savons : à sa naissance, l’homme est expulsé du ventre maternel, il quitte « ses » eaux primordiales.

Les auteurs bibliques ont souvent utilisé l’image de l’eau pour illustrer l’action de Dieu qui donne la vie. Il est ainsi comparé à une pluie de printemps, à la rosée qui donne leur croissance aux fleurs, aux eaux fraîches qui s’écoulent des montagnes ou encore au torrent qui abreuve. Quant à celui qui met sa confiance en lui, il est semblable à l’arbre planté aux bords des eaux courantes.

Les puits dans le désert, les sources qui s’offrent aux nomades, les cours d’eau sont autant de lieux importants dans le Moyen-Orient ancien. L’hospitalité exigeait qu’une eau fraîche soit présentée au visiteur, que ses pieds soient lavés, afin d’assurer la paix de son repos.

La Bible évoque toutes ces réalités. Découvrir des sources ou creuser des puits sont des enjeux importants car chacun sait que l’eau est indispensable à la vie. Mais ces points d’eau sont aussi des lieux de joie et d’émerveillement, des occasions de rencontres, comme celle, décisive, de Jésus avec la femme de Samarie.

Eau, cause de mort

Si le manque d’eau peut engendrer la mort, trop d’eau peut menacer la vie aussi. L’humanité entière semble avoir gardé le souvenir d’une inondation ou d’un déluge dans des temps ancestraux.

L’eau peut alors apparaître comme une malédiction ou comme un danger dont Dieu peut et veut préserver celui qui fait appel à lui. Le roi David s’exprimait ainsi : « Le Seigneur est intervenu d’en haut, il m’a pris, il m’a retiré des grandes eaux. » De nombreux autres textes bibliques témoignent de l’action de Dieu qui retire son fidèle de la boue ou des « grandes eaux ».

Quant à Jésus, nous le voyons marcher sur l’eau et calmer la tempête... Il peut donc nous délivrer du chaos comme du danger qui nous menace. On peut lui faire confiance.

Une soif à étancher

Parce qu’Israël avait été séduit par les divinités des peuples voisins et qu’il avait ainsi tourné le dos à son Dieu, celui-ci dit de lui : « Mon peuple a commis une double faute : il m’a abandonné, moi, la source d’eau fraîche qui donne la vie. Et il a creusé des citernes. Mais ces citernes sont fendues, elles ne retiennent pas l’eau ! » Le constat est sévère, mais il est vrai aussi que cette désobéissance a fini par transformer le pays en désert !

La Bible témoigne aussi de ces prières où le croyant se compare à une terre sèche et assoiffée, orientée vers l’eau. C’est certainement pour répondre à cette attente que Jésus a un jour lancé cette invitation : « Si quelqu’un a soif, il peut venir à moi et boire. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau couleront de son cœur, et cette eau donne la vie. » L’invitation demeure.

L’espérance chrétienne

Comparer les premières pages de la Bible (la Genèse) aux toutes dernières (l’Apocalypse) est stimulant. On y voit que le nouveau ciel et la nouvelle terre remplacent le monde passé. La mer a disparu. L’auteur décrit ainsi la nouvelle Jérusalem, cette ville nouvelle que Dieu fait descendre du ciel, en voyant au milieu d’elle : « un fleuve d’eau qui donne la vie. Il brille comme du verre, il sort du siège de Dieu et de l’Agneau [Jésus] et il coule au milieu de la place de la ville. Là, entre deux parties du fleuve, il y a l’arbre de vie. Il donne des fruits 12 fois dans l’année, une fois par mois, et ses feuilles servent à guérir les peuples. Il n’y aura plus de malédiction. Le siège de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu l’adoreront ». La toute dernière invitation de la Bible est sans ambiguïté : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut de l’eau de la vie la reçoive gratuitement.  »

L’EAU EN ISRAËL

En voyage en Israël et en Palestine, j’ai constaté en chemin des sources d’eau entourées de hauts fils de barbelés, gardées par des hommes armés postés dans des miradors.

La question de l’eau revêt un caractère géopolitique certain dans les relations entre Israéliens et Palestiniens et constitue un enjeu de premier plan dans la résolution du conflit. Le Proche-Orient est une zone géographique qui connaît ce qu’on appelle une situation de « stress hydrique ».

* Le terme hébreu tohu-bohu utilisé dans le texte biblique est passé en français pour exprimer le désordre et la confusion.

POUR ALLER PLUS LOIN

Genèse 1 ; Osée 6.3 ; 14.6 ; Nombres 24.6 ; 2 Samuel 22.17 ; Psaume 32.6 ;

Jérémie 2.13 ; Psaume 42.2,3 ; Jean 4 ; 7.37,38 ; Apocalypse 21 ; 22.

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