Libéré deux fois de la pornographie

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Libéré deux fois de la pornographie
Je devais avoir dix ans quand je suis tombé accidentellement sur une cassette vidéo truquée : au lieu d’un match de foot, c’était du porno. À ce moment, j’ai ressenti comme une forme de dégoût, mais les images sont revenues à mon esprit quelques mois plus tard. Du coup, j’ai commencé à chercher d’autres images pour satisfaire ma curiosité : sites Internet, émissions télé, revues ramassées dans les vieux papiers...
Ma mère m’avait bien alerté un jour sur le danger du porno, mais elle ne m’avait pas bien expliqué pourquoi. Je ressentais donc un conflit de valeurs avec mon éducation mais ce n’était pas suffisant pour m’en détacher. Sans trop m’en rendre compte, j’étais devenu véritablement dépendant.

Une première délivrance

À treize ans, j’ai donné ma vie à Jésus-Christ. Ma vie a alors radicalement changé. J’ai commencé à veiller à mes relations et j’ai aussi demandé au Christ de me libérer de la pornographie. Au début, je ne me suis aperçu de rien, mais alors que les jours passaient j’ai remarqué que je n’y pensais plus et ne ressentais plus le besoin d’en regarder. Il est vrai aussi que je m’investissais dans de nouvelles activités qui me permettaient de me concentrer sur des choses plus saines.

Une rechute de plusieurs années

Malheureusement, je suis tombé quelques mois plus tard sur un catalogue de lingerie féminine qui a réveillé en moi le désir enfoui.
Petit à petit, le désir pornographique a commencé à m’envahir de plus en plus profondément. Il me fallait voir des choses de plus en plus dures qui me choquent aujourd’hui. J’étais tombé bien plus bas qu’autrefois. Je ne maîtrisais plus rien. Moi qui suis d’un naturel plutôt sociable, j’en étais arrivé à écourter mes soirées pour aller voir du porno. J’en avais besoin. Je ressentais un certain plaisir mais toujours éphémère et avec l’insatiable besoin de le renouveler. Bref, j’étais esclave.
Ce cercle vicieux était d’autant plus pénible que j’avais des responsabilités dans mon Église notamment auprès de la jeunesse. Je me rendais bien compte que je n’étais pas cohérent. Mais comme personne n’en parlait autour de moi, je ne voyais pas comment faire pour aborder le sujet. Je priais dans mon coin pour que Dieu me libère, mais rien ne se passait.

Une deuxième libération

Mon esclavage a progressivement pris fin grâce à deux déclics.
Le premier, c’est quand j’ai compris, au cours d’une intervention du chanteur Philippe Decourroux, que la pornographie était étroitement liée à la traite d’êtres humains, tout comme la prostitution. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des circuits mafieux qui tirent les ficelles en exploitant des hommes, des femmes et des enfants. Je me suis ainsi rendu compte que je ne faisais pas du tort qu’à moi-même en consommant des scènes porno. J’encourageais aussi un esclavagisme inqualifiable. Comprendre cela m’a donné une raison supplémentaire de me battre.
C’est aussi la rencontre avec ma future épouse qui m’a beaucoup aidé. Avant de nous mettre en couple, nous avons voulu être sincères en mettant nos vies à plat l’un devant l’autre et c’est là que je lui ai avoué mes luttes par rapport à la pornographie. En parler avec elle m’a beaucoup aidé. Je n’étais plus seul et je bénéficiais d’une écoute bienveillante. Ma dépendance ne s’est pas terminée en un seul jour mais mes rechutes ont été de plus en plus espacées. J’ai compris aussi qu’une rechute n’était pas un échec mais une occasion pour grandir.

Aujourd’hui

La pornographie reste un sujet qui nécessite une certaine vigilance de ma part, mais je peux témoigner que je n’en suis plus esclave.
Aujourd’hui, avec mon épouse, nous essayons d’aider ceux qui luttent avec la dépendance... Nous voulons témoigner que la liberté est accessible.
Un conseil. Ne restez pas seul à lutter. Cherchez de l’aide et parlez de votre problème à une personne de confiance.

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