Charlie Hebdo. Je ne ris pas. Je pleure

Peut-on rire de tout ?

Image (Charlie Hebdo. Je ne ris pas. Je pleure) Je revenais ce 7 janvier de la conférence de presse de l’ONG Portes Ouvertes qui présentait aux journalistes son index mondial de persécution des chrétiens. Je venais d’y apprendre qu’au moins 4.344 chrétiens avaient été assassinés en 2014 dans le monde en raison de leur foi. Soit deux fois plus qu’en 2013. 

Rentré chez moi, j’apprends la tuerie qui a eu lieu à Paris chez le journal Charlie-Hebdo.  Au moins 12 morts ! L’horreur absolue ! 

Devrais-je faire un lien entre ces assassinats ? 

Oui

Hélas pour plusieurs raisons. En voici une : je sais qu’à l’époque de la parution des caricatures de Mahomet dans le journal satirique, des chrétiens ont été tués au Moyen Orient, victimes de « radicaux » comme on les appelle, qui ont voulu se venger sur des proies faciles, des chrétiens locaux sans défense, de l'offense qui leur avait été faite. Je me souviens avoir été scandalisé d’apprendre que des hommes, des femmes et des enfants innocents étaient morts à cause de l’irresponsabilité  de journalistes parisiens qui pouvaient impunément publier ce qu’ils voulaient sans crainte. C’est d’autres qui ont payé à l'époque pour eux. L'ont-ils jamais su du reste ?

Non

Car si des chrétiens meurent chaque jour un peu partout dans le monde, c’est parce qu’ils croient en Jésus-Christ et qu'ils l'aiment plus que leur propre vie. Leur seule offense est d'avoir choisi de suivre celui qui a demandé d'aimer ses ennemis.

Ceux qui sont morts ce 7 janvier ont été lâchement assassinés au nom de l’idée qu’ils se faisaient de la liberté d’expression. Ceci étant, cette même liberté, qu'il faut défendre, les a conduits à heurter et à blesser la sensibilité de millions de personnes.  

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Loin de moi de faire la morale ou de vouloir tirer des leçons. La liberté d'expression doit être défendue par nos pays. Elle est vitale pour notre vivre ensemble. Ce n'est pas négociable. Aucune raison ne peut être invoquée pour justifier de tels crimes.

Charlie Hebdo croyait pouvoir rire de tout. Je n’ai pourtant pas ri de ses caricatures, pas davantage non plus lorsque des chrétiens ont été tués en représailles à ses moqueries. Je ne rirai pas davantage de ce qui est arrivé à ses journalistes et à ceux qui devaient les protéger. 

Pour les uns et les autres, je pleure plutôt. Je veux pleurer avec ceux qui pleurent.

Je veux pleurer aussi sur la bêtise et la méchanceté humaines qui engendrent inutilement tant de deuils, tant de souffrances inutiles.

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