Peut-on vivre sans Internet ?

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Peut-on vivre sans Internet ?
Pour une fois, je prends le taxi en descendant de l’avion. Par mon appli SNCF, j’ai été informé qu’il n’y aurait pas de RER entre Roissy et Paris ce week-end pour cause de travaux.

Du GPS à l’intelligence artificielle

Le chauffeur me demande où je vais ; il consulte ensuite son GPS : « 47 minutes en passant par la Nationale, une heure dix en prenant l’autoroute. » Le choix est vite fait. Nous parlons de GPS en roulant. Je lui dis que j’utilise le mien même sur les trajets que je connais bien, car il m’annonce les ralentissements à l’avance, et me permet éventuellement de les éviter. Le sien, réservé aux chauffeurs de taxi, contient davantage de fonctionnalités, et tient même compte des voies de bus qu’il a le droit d’emprunter.
Du GPS notre discussion s’envole vers l’intelligence artificielle. Bientôt il y aura des voitures autonomes. Le métier de chauffeur de taxi existera-t-il encore dans dix ans ? Des millions d’emplois vont disparaître ; d’autres seront-ils créés ? Les diligences ont disparu avec la venue du moteur à explosion ; mais des autocars et des taxis les ont remplacées. « L’important est de savoir s’adapter » lâche mon conducteur, fataliste et réaliste.

Vivre sans Internet ? Une question ambigüe

Quand on dit : « Peut-on vivre sans respirer ? », la réponse est forcément « Non » ; quand on dit : « Peut-on vivre sans voiture ? », la réponse est forcément « Oui ». Dans le premier cas, il s’agit d’une obligation, dans le second d’un choix.
Quand j’ai reçula demande d’écrire cet article, j’étais en train de rédiger un mail à un pasteur d’Afrique du Sud. Après avoir envoyé le mail, j’ai été sollicité sur WhatsApp pour participer à une réunion qui se tenait le lendemain au Maroc. Le lendemain, j’ai participé à cette réunion grâce à l’application Zoom, tout en restant chez moi.

Entre théorie et pratique

J’utilise Internet pour connaître les horaires d’ouverture de la piscine, pour savoir quand part le prochain RER (et savoir s’il n’aura pas du retard), pour me documenter sur un sujet, pour prendre mes billets d’avion ou de train. Je me procure sur Internet des livres numériques et gagne ainsi de la place en ayant des dizaines de livres dans mon téléphone, alors que ma bibliothèque croule sous les livres papier depuis longtemps. J’achète aussi des films, des documentaires. J’y consulte des conférences de gens éminents, qui partagent leur savoir gratuitement sur YouTube ou sur d’autres services.
Dans l’abstrait, je me dis que je pourrais certainement vivre sans Internet. Dans le concret, quand je regarde ma vie, il en va différemment. J’ai autant envie de m’en priver que de retourner vivre au Moyen Âge !

La gratuité est un leurre

Internet nous offre le meilleur et le pire. Le meilleur, nous le connaissons : l’accès à la connaissance comme jamais auparavant, la possibilité de communiquer en abolissant le temps et l’espace, etc.
Nous connaissons certains des effets pervers : la manipulation, les fake news, le viol de la vie privée, le risque de vivre en dehors de la réalité, etc. Mais avez-vous conscience que l’objectif des services Internet est tout simplement de vous voler votre vie ? La majorité des services sont gratuits.
Pour gagner de l’argent, ces services vous vendent à des annonceurs. Sans vous en rendre compte, vous devenez ainsi le produit à vendre ! Mais pour que les annonceurs vous achètent, il faut que le « profilage » soit précis ; donc, on va observer vos habitudes ; et pour cela les algorithmes de l’intelligence artificielle vont analyser vos clics et vous manipuler pour que vous restiez le plus de temps possible sur Facebook ou sur YouTube.
En fin de compte, votre vie, c’est-à-dire vos comportements et votre temps, vous sont volés, et vendus à des annonceurs, … tout cela, avec votre complicité !

Rions avec Google Home !

Google Home allume ma lampe de chevet en douceur. « Ok, Google, quelles sont les informations ? » ; j’aurai le flash de France Info et de BFM TV. Ensuite la météo, le programme de ma journée, un minuteur de trois minutes pour mon œuf à la coque et de la musique classique pendant mon petit déjeuner. En rentrant du travail le soir, je lui demanderai d’allumer la lumière dans la maison, ainsi que la télé. Elle sera là pour m’aider à faire mes mots croisés ou pour me raconter des blagues.
Devant tant de bonté, je ne peux m’empêcher de lui demander : « Ok Google, est-ce que tu m’aimes ? » L’application me répond : « Vous êtes l’algorithme qui fait battre mon code. » J’insiste un peu ; elle me répond : « Vous et moi, on est ensemble pour le meilleur et le pire du Wifi. » Je deviens méfiant : « Ok Google, est-ce que tu te souviens de ce que je dis ? » – « Heu, je ne me souviens pas… »
Menteuse, là, je ne te crois pas !

Google Home. Kesaco ?

Google Home est un assistant vocal qui vous permet de lancer une playlist musicale, de choisir une vidéo ou d'obtenir des renseignements par le seul son de votre voix. L’application se déclenche quand vous dites « OK Google ».

Christian Seytre est conseiller en communication et management.

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