Un Gospel francophone*

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Un phénomène musical qui est en train de prendre une ampleur exceptionnelle : parfois présenté comme « le meilleur artiste Gospel francophone », ou « père du Gospel francophone », Marcel Boungou est une figure incontournable de la scène musicale française et francophone.

Un Gospel francophone*

Il est vrai que le terme « Gospel » vient de la langue anglaise, et renvoie à un genre musical très bien identifié outre-Atlantique. C'est par le biais des Américains, en particulier des Afro-américains descendants d'esclaves, que cette musique s'est introduite en France, devenant de plus en plus populaire. Pourtant un Gospel francophone s'est parallèlement développé, jouant moins sur l'axe transatlantique que sur l'axe méditerranéen de l'Europe à l'Afrique sub-saharienne et vice-et-versa.

Un marché émergent

Loin d'être un duplicata d'une musique transnationale tout juste bonne à agrémenter la salle d'un McDo, cette musique Gospel francophone, portée par des figures comme Marcel Boungou, est parvenue, en 25 ans, à maturité. Né en 1951 au Congo-Brazzaville, il chante dès l'école primaire. Très vite, dans son pays natal puis son pays d'adoption (la France), il se fait connaître comme un chantre et crooner Gospel d'exception. Protestant évangélique, ce citoyen français est aussi un converti prosélyte et devient pasteur. Ce qui ne l'a pas forcément empêché d'être l'objet de contrôles de police !

Marcel Boungou voit la musique comme un vecteur de proclamation, d'espérance et d'évangélisation : « Le Gospel n'est pas une musique de variété. C'est l'expression de la foi en Dieu », souligne-t-il en 2011, à l'occasion de ses 30 ans de carrière. Cette année, il avait remplit le Casino de Paris ; accompagné notamment de Maggie Blanchard.

De nombreux groupes

Il faut souligner l'essor de multiples groupes hexagonaux, régionaux qui intègrent le Gospel parmi leur registre, comme la chorale Joie et Vie qui faisait publicité, en 2009 pour « L'Alsace couleur Gospel ».

D'autres font aussi du Gospel leur spécialité exclusive, à l'image du groupe picard PopGospel... « Son offre éclectique propose du "gospel traditionnel, du gospel moderne et de l'urban gospel", en se démarquant du cliché d'une musique par et pour des Afro-antillais ».

Le lien avec le public

À l'image d'un groupe comme PopGospel, la régionalisation et professionnalisation du Gospel français et francophone s'appuie sur une marque de fabrique, dès l'origine, de cette musique : elle est intrinsèquement liée à la scène. Que ce soit dans une église, un temple ou une salle de spectacle. Musique par et pour la communauté, elle repose sur la prestation live, devant un public en chair et en os. Cet élément capital donne à ce genre musical une capacité de résistance supérieure à d'autres dans un contexte de crise. En effet, face à la baisse structurelle des revenus liés à la vente d'albums à cause d'Internet, le salut des musiciens repose de plus en plus sur le retour à la scène. Le public reste prêt à payer pour voir et écouter l'artiste en live. Dans ce contexte, le Gospel, musique live et communautaire, a sans doute de beaux jours devant lui dans l'espace francophone.

* D'après le blog http://blogdesebastien-fath.hautetfort.com du 02/02/2012 et 30 et 31/08/2012 et avec son aimable autorisation.

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