J’ai grandi en entendant parler de Dieu, de Jésus-Christ, de la foi, sans en mesurer pleinement la portée. Ma famille était engagée dans la vie de notre Église à Saint-Malo.
J’avais six ans quand mon petit frère Denis est décédé brutalement d’une grave crise d’asthme. Cette épreuve a fait surgir dans mon cœur des questions existentielles sur la mort, le deuil, la souffrance, l’injustice. Enfant, je priais avec des mots simples, parfois confus. Au cœur de cette douleur, Dieu a apporté une consolation réelle à ma famille. Mais mon frère, avec qui je jouais chaque jour, n’était plus là. Personne ne pouvait combler ce vide.
Cette même année, les campagnes d’évangélisation de Billy Graham étaient retransmises dans toute la France. Ce pasteur américain parlait de Jésus et de l’œuvre de la croix, d’un Sauveur qui a souffert pour des pécheurs. Jésus comprenait ma douleur. En lui, j’avais une réelle espérance : celle de le rencontrer un jour, parce qu’il est vivant et que ceux qui auront cru ressusciteront aussi. J’ai reçu et accepté cette promesse.
Bien qu’enfant, je connaissais déjà le mensonge, les attitudes et les comportements qui ne plaisaient pas à Dieu. J’avais conscience du poids de la faute. En écoutant ce prédicateur, j’ai compris que, sur la croix, Jésus-Christ était celui qui a payé pour toutes les fois où j’avais déplu à Dieu. À travers son sacrifice, le pardon devenait possible et, avec lui, la réconciliation avec Dieu. Comment cela était-il possible ? Par grâce. Parce que Jésus-Christ avait donné sa vie, afin que j’aie accès à Dieu.
Cette conviction s’est forgée au fil du temps, à travers la découverte de la Bible, à travers des témoins vivants de Jésus-Christ, des expériences personnelles. Peu à peu, j’ai eu le désir de vivre autrement : non plus une vie guidée par des aspects terrestres, mais une vie consciente de la complexité de l’être humain – dans ses besoins physiques, ses besoins intellectuels, et surtout ses besoins spirituels.
J’ai découvert alors que seul un Dieu de miséricorde et d’amour peut combler ce vide profond que l’on peut ressentir dès l’enfance. Les mots de Blaise Pascal ont pris pour moi tout leur sens : « Il y a dans le cœur de l’homme un vide en forme de Dieu. »
Lorsque l’amour te porte

Ce livre est né au cœur d’une traversée douloureuse faite de sidération, de peur et de doutes. Pourtant, dans cette sombre vallée, s’est imposé un amour plus fort que l’épreuve, celui qui soutient quand tout vacille. Ce témoignage raconte comment la foi peut porter, relever et redonner souffle. Ce livre est destiné à ceux qui souffrent et à ceux qui accompagnent, à ceux qui cherchent, et à tous ceux qui ont besoin d’encouragement afin qu’ils s’accrochent solidement à l’amour de Dieu, qui ne lâche jamais.