À cette question, la plupart d’entre nous répondraient spontanément oui, car dire non reviendrait à déclarer : « Je suis une mauvaise personne. » Dans notre société,
la bienveillance est devenue une valeur phare. Elle est partout, aussi bien dans le monde du travail, le management, l’éducation, que dans le couple.Cependant, parlons-nous tous de la même chose quand nous parlons de bienveillance ? Le concept est-il bien compris ? On confond souvent la bienveillance avec une gentillesse de façade : dire oui à tout pour préserver la paix, quitte à s’oublier soi-même pour contenter l’autre.Comme le rappelle justement Évelyne Frère-Datcharry dans notre magazine : «
La bienveillance n’est pas du laisser-aller ou de la mollesse, mais exige de l’authenticité. » La bienveillance n’est pas l’absence de limites ni de la complaisance. Une personne bienveillante sait écouter, comprendre, accueillir, mais elle ose dire, si besoin, la vérité avec douceur et sans violence.Les évangiles montrent que Jésus, durant sa vie terrestre, allait à la rencontre des gens et prenait le temps de les écouter indépendamment de leur condition sociale et de leur origine. Il accueillait chacun sans jugement, mais jamais au prix de la vérité, sans chercher à plaire ni à flatter. Ses propos pouvaient être parfois tranchants, mais toujours dans un respect de l’autre. Et si c’était ça être bienveillant ?Et moi ? Pour répondre honnêtement à la question de départ, je dois admettre que j’ai encore du chemin à parcourir. Même lorsque je crois être bienveillante, je ne le suis pas toujours. La bonne nouvelle, c’est que
la bienveillance s’apprend. Et si la bienveillance commençait simplement là, dans cette prise de conscience ?
Anne-Marie Delaugère