Je suis à l’hôpital depuis quelques jours, je m’apprête à passer Noël bloqué au fond d’un lit, ne pouvant quasiment pas bouger.
Les douleurs sont toujours intenses. Jour et nuit, je souffre en continu. Mon corps manifeste des signes inquiétants et je sens que ma vie est suspendue à un fil. Tout est stoppé ! Surtout mon travail qui me passionne. À cet instant, moi qui suis si minutieux pour apporter mon expertise criminologique, je suis clairement à mille lieues du sujet.
À plusieurs reprises, je dis à mon épouse que je suis désolé de lui faire vivre une telle expérience. Je ne suis pas auprès d’elle et c’est bien malgré moi.
Je suis enfermé et les anesthésiants ont du mal à se dissiper. D’ailleurs, les antidouleurs additionnés à mes heures passées au bloc compliquent ma capacité de discernement : je n’ai plus de capacité d’attention ni de réflexion. J’arrive à peine à lire, et parler devient également difficile.
La seule certitude que j’ai dans ce temps d’incompréhension, c’est que la douleur physique ressentie dans mon corps et la détresse psychique semblent vouloir me gagner. Ne pouvant pas dormir, les interrogations et les questions nombreuses, floues et folles préoccupent mon esprit.
Je ne pense ni à demain ni à l’heure suivante mais au seul fait de ne plus souffrir. À ce moment-là, l’avenir disparaît, pour moi qui suis un homme de projets.
Pourquoi une telle épreuve ?
Pourquoi moi ?
La vie est courte ?
C’est la fin !
Je ne voyais pas la fin de ma vie comme cela à 42 ans : que va-t-il advenir de mon épouse et de nos trois enfants ?