Le Christ vulnérable (Matthieu 26)

Extrait
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Tous les extraits bibliques proviennent de l'évangile selon Matthieu, chapitre 26.

Le Christ vulnérable (Matthieu 26)

Au début du texte, deux narrateurs, l'un debout et l'autre assis dans la salle, lisent Matthieu 26.

Qui de nous s'est déjà trouvé devant ce qui ne peut que faire peur ? 

Sans soutien des amis qui ont vu que ça sentait le roussi et qui ont préféré regarder ailleurs, se faire tout petit, tout discret, tout éloigné en attendant que ça passe.

  • Devant la moquerie.
  • Devant le mépris. 
  • Devant le mensonge, la rumeur, les propos tordus, détournés ? La médisance. La calomnie.
  • Devant les coups.
  • Devant la volonté de détruire à laquelle on ne peut opposer qu'un gémissement.
  • Devant la horde des copains, devant le groupe hostile, devant la foule hostile.
  • Exposé à la tension, à la pression, à l'humiliation.
  • Exposé aux crachats. 
  • Médit, trahi.

Qui s'est trouvé envahi par l'angoisse, celle qui serre la gorge, celle qui serre le cœur. 

  • Accablé par la peur.
  • Devant le silence de Dieu.
  • Ou même devant la mort.

Ô toi que j'appelle Père, moi qui place ma confiance en toi ou qui essaie de le faire… s'il te plaît, que cette coupe me soit épargnée… 

Ô Dieu, toi qui m'es étranger, s'il te plaît, si tu existes… que cette coupe me soit épargnée…

Lui, à la différence de nous peut-être, il n'avait rien fait pour mériter cela.

J'ai un peu déformé la réalité : il y a quand même eu quelqu'un qui s'était levé pour prendre sa défense. Qui avait tiré l'épée, frappé un premier coup. 

Mais lui, il s'était interposé, lui avait demandé de la remettre au fourreau.

Il s'est laissé faire, comme cela apparaît dès l'annonce de la trahison à venir (et même avant). 

Choisissant d'être vulnérable jusqu'au bout. 

Lui, en effet, même sans cette épée tirée, il lui aurait suffi d'un geste.

Il lui aurait suffi d'un mot.

Mais il avait dit : « Penses-tu donc que je ne pourrais pas faire appel à mon Père ? À l’instant même, il enverrait des dizaines de milliers d’anges à mon secours ».

Devant l'épreuve, l'incertitude, l'inquiétude, la maladie, la fragilité, la mort, l'épreuve soudaine ou celle qui dure, l'un se repliera, se recroquevillera sur lui-même. L'autre essaiera de jouer la victime, le pauvre que personne n'aime et sur qui le sort s'acharne injustement, « et qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu... ? » Un autre encore monopolisera les forces qui lui restent, le livre/l'épreuve-dont-vous-êtes-le-héros, battant jusqu'au bout, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

C'est un certain discours séculier, celui de praticiens ou de techniciens du développement personnel. « Tu n'utilises que 10% de ton cerveau », tu as donc de merveilleuses potentialités. Tu peux devenir chef d'entreprise, tu peux te métamorphoser en époux attentionné, poète, artiste, ministre. Si tu écoutes mes conseils, tu peux te doter de la carapace qui te permettra de faire face à tous les aléas de l'existence. Il te suffit d'appliquer la bonne technique. Il te suffit de croire. 


C'est un certain discours chrétien. La lutte au nom de la foi, et Dieu va immanquablement......

Laurent Clémenceau est Pasteur de l’Église Protestante Évangélique (CAEF) de Villefontaine.

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