Des doutes et des douleurs sans fin

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L’hospitalisation en réanimation est une source d’agressions physiques et psychologiques qu’il nous faut maintenant affronter en plus de l’accident.

C'est connu : des troubles psychiques se manifestent pendant et après le séjour dans ces services. De nombreux facteurs de stress existent comme la fatigue, le bruit incessant des appareils, l’isolement, les quantités de médicaments, voir des personnes intubées, les douleurs, les cris parfois, la lumière en permanence...ambulance

Certains patients se rappellent les expériences traumatiques qu’ils ont vécues dans ce service de réanimation comme la peur de mourir, d’être abandonnés. Il y a aussi les cauchemars, la panique…

En même temps, certaines personnes y vivent les derniers moments de leur vie. Pourtant, ce qui surprend, c’est le calme dans lequel les soignants œuvrent. Je me souviens d’une infirmière qui nous expliquait que les équipes médicales ont l’habitude de parler fort parce que la plupart des patients ne sont pas conscients. Du coup, avoir un patient comme Marceau, gentil et mignon, ce sont ses termes, leur fait du bien.

Nous ne le savions pas au début mais, lors de chaque mini-sieste, Marceau rêvait toujours de sa chute. Le traumatisme ne le quittait pas.

La dépression est fréquente, mais difficile à détecter, surtout chez les jeunes. On sait que des troubles psychiatriques délirants et confusionnels existent dans près de la moitié des cas en réanimation : hallucinations, agitation, stupeur. Nous devions donc prier et demander à Dieu de poser sa main sur le présent et sur l’avenir. Le temps s'écoule très lentement ; c’est long et lourd à porter. Notre fils souffre et nous n’avons aucune solution si ce n’est de nous en remettre à Dieu.

Deux réseaux de prière

Le but du réseau de prière et de communication que Marie a mis en place est de donner régulièrement des nouvelles à un référent qui transmet ensuite les informations aux autres. Ainsi, nous ne devons pas passer notre temps à raconter sans cesse la même histoire. Nous savons que les personnes qui nous connaissent sont très inquiètes, mais nous devons concentrer notre énergie pour soutenir nos enfants. Dans des circonstances comme celles-ci, nous sommes très sollicités. Mais il nous faut faire des choix stratégiques pour accompagner nos enfants correctement.

Ève est, à ce moment-là, chez les parents de Steven, son petit ami. Nous savons qu’elle est en sécurité affective et spirituelle chez eux. Nous remercions Dany et Karina pour leur présence efficace auprès d’Ève durant cette période. À cause de la distance qui la sépare de son petit frère, Ève se culpabilise. Nous devons aussi prendre du temps pour expliquer la situation à notre fille sans lui faire peur. Elle serait capable d’arriver en taxi pour voir son Marceau !

Ève et Marceau sont comme tous les frères et sœurs, à la fois chien et chat, mais avec beaucoup de complicité, d’affection et de bienveillance l’un envers l’autre. Et cette absence d’Ève travaille son petit frère. Elle sait prendre soin de lui quand il est malade, lui parler, le conseiller quand il en a besoin. Ève met aussi en place un groupe de prières pour son frère avec des jeunes de son âge.

Soyez fort pour lui

Nous sommes maintenant dans la chambre 107 du service réanimation à Avignon. La nuit y est longue et bruyante. Marceau arrive à peine à dormir à cause des douleurs. Il est environ 8 h 00 quand les médecins décident de refaire une radio. À ce moment-là, je suis au bout de mes forces, épuisé par la situation que nous traversons.

Je me décide à aller prendre un café. L’hôpital est assez grand et je fais bien attention de ne pas me perdre. Je me souviens avoir croisé en chemin une famille avec un petit enfant malade dans les bras. Quand ces personnes m’ont demandé le chemin des urgences, je me souviens avoir craqué. Je n’en pouvais plus car j’avais tellement contenu mes émotions à l’intérieur de moi. Toute la nuit, je restais éveillé pour surveiller mon fils. Nous avions toujours cette inquiétude sur l’avenir de notre garçon, l’angoisse ne disparaissait pas, même si je savais que Dieu était bien présent avec nous.

Au contact de cette famille croisée dans le couloir, avec leur enfant dans les bras, tout s’écroule....

Auteurs
Michaël DRUART

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