Au bout de toutes ces heures, mon épouse est toujours à mes côtés. Ce que nous avons vécu nous a bouleversés, changés, fortifiés. Nous avons découvert le combat, mais aussi le soutien mutuel. Lorsque l’un tombe, l’autre le relève.
Savoir s’abandonner à l’autre en confiance n’est véritablement possible que parce que l’amour est le socle de la relation. Et même si l’un ne peut parler, l’autre sait déjà !
Pendant des semaines, nous ne vivons pas au même endroit et pourtant nous sommes un seul corps. Un amour noué à trois brins – Sabine, moi et le Seigneur – sous la couverture de l’amour de Dieu toujours présent. Sabine, dans les moments les plus sombres, me rappelle que Dieu est là et qu’il ne m’oublie pas. Il est là dans la barque alors que la tempête frappe la coque de notre bateau. Cette unité est constante.
Parmi les moments marquants, figure celui lié aux complications postopératoires et à la septicémie – je tremble, je claque des dents sans cesse. Les infirmières m’ont administré toutes sortes de médicaments, calmants et antibiotiques… La fièvre ne passe pas !
Je vomis, j’ai de terribles nausées. Je suis très mal et les médicaments sont sans effet. J’appelle l’infirmière et le médecin en urgence à plusieurs reprises pour savoir s’ils peuvent changer de protocole. Médicalement les limites sont atteintes.
Lors de cet épisode, je vois les bienfaits des soins et leurs limites. Sabine et moi nous accordons : elle prie. Les douleurs sont telles...