
La honte fait partie de ces expériences intérieures difficiles à cerner. Elle est souvent confondue avec une émotion, alors qu’il s’agit d’un sentiment complexe, profondément enraciné dans l’histoire personnelle et relationnelle.
Contrairement à la peur ou à la colère, la honte se voit peu sur le visage. Pourtant, elle agit en profondeur : elle fragilise l’estime de soi et coupe le lien, avec soi comme avec les autres.
Il est important de la distinguer de la culpabilité. La culpabilité concerne un acte : « J’ai fait une erreur. » La honte, elle, touche à l’identité : « Je suis une erreur. » Là où la culpabilité laisse une possibilité de réparation, la honte enferme et fige. Elle pousse au silence et au retrait.
D’où vient la honte ?
La honte prend souvent racine dans l’enfance, notamment dans la relation au corps et au regard de l’autre. Être moqué parce que l’on tombe, parce que l’on est trop lent, maladroit, gros, pas assez performant, trop sensible… ...