Faire son deuil : un long chemin

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Deuil
Le mot « deuil » vient d’un mot latin qui veut dire « douleur ». Une douleur vive à la suite d’un arrachement qui laisse une blessure qui peut être profonde. Comme toute blessure, elle doit guérir, se refermer peu à peu en suivant un processus naturel de régénération qui sera plus ou moins long, plus ou moins régulier, selon la gravité et la nature de la blessure. Cela s’appelle le processus de deuil.

Le processus de deuil

C’est Sigmund Freud qui, le premier, a mis en évidence ce processus dans un ouvrage paru en 1917 : « Deuil et mélancolie ». Depuis lors, les analyses des spécialistes se sont multipliées et diversifiées. Un certain consensus cependant distingue quatre phases :
1. L’état de choc et de sidération devant l’évènement, tellement la douleur est vive. On est comme anesthésié, sonné.
2. La phase de recherche et de fuite (qui peut durer plusieurs mois). On veut préserver le lien avecla personne disparue, prouver que l’on ne l’a pas oubliée et qu’on ne l’oubliera pas. On est tout entier tourné vers elle.
3. La phase de déstructuration et de dépression (qui peut durer d’un à trois ans). On y réalise que la rupture est définitive, irrémédiable. Une phase normale, mais très douloureuse et pénible, avec des hauts et des bas.
4. La phase de restructuration, de lente reconstruction où se tissent des relations nouvelles et apaisées avec l’environnement, avec nous-même… et avec la personne disparue.
Ce processus naturel de guérison se vit avec de multiples variantes. Mais il peut (doit) être accompagné, aidé.

Le travail de deuil

Il s’agit d’affronter et de dissoudre peu à peu l’immense douleur et l’écrasante charge émotionnelle causée par cet arrachement. Un véritable cercle de soutien se révèle indispensable pour couper la solitude due à la souffrance et réinventer de nouvelles relations. Les rituels communautaires qui accompagnent l’ensevelissement sont un premier pas, mais ils sont limités. Un travail sur soi en quatre pôles est quelquefois présenté ainsi :
1. Reconnaître et intégrer la réalité du départ de la personne disparue.
2. Reconnaître et accepter les émotions quelquefois violentes qui se présentent (colère, culpabilité, détresse, révolte, dépression, etc.). User et, peu à peu, dissoudre les souffrances qui y sont attachées.
3. Fixer de diverses manières la mémoire de la personne disparue, pour un nouveau type de rapport avec elle.
4. Reconstruire peu à peu de nouvelles relations avec l’entourage et la vie.
Faire son deuil est une œuvre de longue haleine où la communication avec d’autres, mais surtout avec le seul vrai Consolateur, est essentielle.
Auteurs
Bernard HUCK

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