Monsieur M. s’appuyait fièrement sur sa canne raffinée à pommeau ciselé. Il souffrait depuis longtemps de la hanche. Lors d’une session spirituelle, il est touché par la Parole de Dieu, il demande la guérison et l’obtient.
Quelques mois plus tard, Bénédicte, son accompagnatrice spirituelle à l’époque, le rencontre à nouveau. Elle s’étonne de le voir avec sa canne. Il explique : « Vous comprenez, elle me manquait, j’ai besoin de son contact, de m’y appuyer car l’intérieur est en or, c’est mon trésor caché ». La douleur est revenue mais qu’importe, le soutien du bâton d’or est le plus fort !
Cette anecdote affligeante démontre qu’on ne peut être guéri si on refuse l’aide de Dieu et celle d’autrui.
L’Évangile relate de multiples situations dans lesquelles Jésus a guéri. Elles sont toutes différentes.
Vouloir, demander et croire
Il y a le cas du lépreux qui s’approche, se met à genoux et dit à Jésus : « Maître, si tu le veux, tu peux me rendre pur » et Jésus lui déclare : « Je le veux, sois pur ». Aux deux aveugles qui le suivent en criant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » Jésus leur demande : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » À l’aveugle Bartimée qui l’interpelle, Jésus demande « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Comme s'il ne pouvait pas agir tant que l’intéressé n'exerce pas sa liberté comme sujet, tant qu'il n'exprime pas son désir. Dans tous les cas on observe qu’une relation personnelle s’établit entre Jésus et le malade. À chaque fois la guérison physique s’accompagne d’une guérison spirituelle.
Vouloir, demander et croire que Jésus peut le faire, voilà en quelque sorte le chemin pour obtenir la guérison.
Veux-tu être guéri ?
La réponse n’est pas si évidente que ça. Sans parler des hypocondriaques, les bénéfices secondaires de la maladie font parfois prolonger l’état, on s’y complait. Il faut manifester une volonté propre de vouloir guérir et tenter d'exprimer ce que nous désirons.
La guérison ou la grâce ?
Pourtant, la guérison n’intervient pas obligatoirement même si la volonté, la demande et la foi sont ferventes. Dieu se réserve d’agir autrement. « J’ai demandé la guérison, j’ai obtenu la grâce », c’est ce dont témoigne Margaret James* qui souffre de la maladie de Parkinson. À travers cette épreuve, elle a cherché à redécouvrir le plan de Dieu, ses objectifs, son amour pour elle. Elle nous livre le fruit de son vécu : Ma foi en Dieu n’implique pas que Dieu me guérira, puisqu’il traite chaque personne de façon individuelle. Il sait dans quelle situation je pourrai le mieux le glorifier.
Un témoignage qui nous touche au plus profond de notre être, un puissant encouragement pour tous.
Comment cette question éclaire mon quotidien ?
1- Ai-je déjà arrêté Jésus qui passait tout près de moi ? L’ai-je perçu, bien que je ne le voyais pas ?
2- De quelle audace suis-je capable dans ma prière ?
3- Quels sont aujourd’hui mes aveuglements ?
4- Jésus me pose cette question : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Que vais-je lui répondre ?