Il guérit même ses ennemis

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Il guérit même ses ennemis
Nous arrivons enfin dans le jardin. Il fait nuit. Judas, l’un des leurs, doit nous livrer Jésus de Nazareth, celui que nous traquons depuis des mois. C’est Judas qui est venu nous trouver et qui nous a proposé de le trahir contre un peu d’argent. J’en frémis d’avance. Je sais combien mon maître attend ce moment.

Je ne fais qu’exécuter les ordres

Ah ! Je les aperçois, ils sont assis en groupe près du bosquet, là-bas. Judas les rejoint, ils se lèvent, l’air interrogateur. Nous, nous suivons à distance. Judas en prend un par le bras, c’est le signal. C’est donc lui, Jésus ! Alors, en ma qualité de serviteur et représentant du grand prêtre, j’ordonne aux gardes et aux soldats de l’arrêter. Je laisse aux plus hauts gradés le soin de justifier l’arrestation. Ce n’est pas mon problème.
Ses disciples m’ont entendu, je les vois s’agiter, prendre Judas à partie, résister aux soldats… Ils parlent de lutter, des bribes me parviennent : « On va se défendre ! Maître, peut-on dégainer ? »

Que se passe-t-il donc ?

Mais Jésus ne fait rien, il est concentré sur Judas. Le plus costaud d’entre eux m’a repéré. Sans attendre la réponse de son maître, il avance vers moi en dégainant son épée. Il est fou de rage, presque monstrueux à la lueur des torches. Il respire la haine, l’indignation, mais aussi la peur et le désespoir. Je l’admire presque de se débattre ainsi alors que tout est déjà joué : nous sommes les plus nombreux et les plus forts. En plus, nous avons le pouvoir officiel… Cependant son épée tournoie. Il est de plus en plus proche, je me penche pour esquiver, mais d’un bond, il m’emporte l’oreille. Saisi par la douleur, je pousse un hurlement, ma vision se trouble, je tombe à terre. Je ne sais plus où je suis.

Quel retournement de situation !

Confusément, je comprends que Jésus s’est approché de moi. Les soldats ont saisi mon attaquant, ils suivent Jésus de près. Mais Jésus s’adresse à celui qui m’a attaqué : « Pierre, quand comprendras-tu ? Rengaine ton épée. L’épreuve qui m’attend, je ne peux pas l’esquiver. Je ne veux pas l’esquiver ! » Dans le même temps, il se baisse et pose sa main sur mon oreille. Alors ma tête s’éclaircit, la douleur disparaît. Étonné, je me touche le visage : plus de sang. Mon oreille est là, intacte !

Comment est-ce possible ?

Serait-ce donc vrai tout ce que nous avons entendu ? Les miracles, les guérisons, la puissance divine qui l’accompagne ? Si oui, son calme n’est ni capitulation ni faiblesse. S’il a le pouvoir de me guérir, il avait aussi celui de nous échapper… Mais au contraire il se laisse ligoter, l’air paisible et déterminé. Sa seule demande est que nous laissions partir ses disciples. De toute façon, ceux-ci se sont déjà presque tous enfuis. Quelle force intérieure chez ce Jésus ! Je vois bien qu’il sait ce qui l’attend. Quel courage pour ne pas se débattre, et plus encore, pour faire du bien à ses ennemis dans ce moment-là !

Je ne comprends plus rien

Machinalement, je l’emmène chez mon maître, le grand-prêtre. Mais je suis confus : qui est donc cet homme qui marche vers la mort et qui veut le bien de ses ennemis ?
Inspiré de Luc 22.49-51 et Jean 18.10-11



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